Alors que 12 millions d’élèves retourneront sur les bancs de l’école le lundi 2 septembre prochain, leurs enseignants et leurs familles s'inquiètent du sort de l’Education nationale.
Une «situation inédite» pour Grégoire Ensel, vice-président de la Fédération de parents d'élèves FCPE. Si 12 millions d’élèves retrouveront leurs établissements scolaires dès le 2 septembre, leurs professeurs et leurs encadrants s’inquiètent du contexte politique actuel susceptible d’impacter le fonctionnement de l’Education nationale.
Depuis les législatives de juillet dernier, le ministère se retrouve avec à sa tête, une ministre, Nicole Belloubet, sur le départ, tout comme les autres membres du gouvernement d’Emmanuel Macron. Ainsi, un «flou» sur le cap de la politique éducative subsiste.
Pourtant, «c'est la rentrée qu'a préparée Nicole Belloubet», a assuré le ministère auprès de l'AFP, ajoutant que la femme politique en présentera les grandes lignes sous peu. En effet, la semaine s’annonce chargée entre la réunion des recteurs ce lundi, la traditionnelle conférence de presse de rentrée mardi et la pré-rentrée des enseignants vendredi.
La Rue de Grenelle a affirmé de son côté que «le contexte politique ne doit pas impacter la rentrée scolaire des élèves» alors que de grands chantiers ont été prévus pour l’année à venir. «Que vont devenir les annonces qui ont été faites au sujet de la (classe de) prépa seconde, du brevet, des groupes de niveau, de l'uniforme?», s’est demandé Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissements.
Quelles priorités ?
«C'est une rentrée dans le flou : il y a des zones d'ombre et il n'y a pas de ligne claire sur ce que va être la méthode de la politique éducative», déplore aussi Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa.
Dans une circulaire de rentrée publiée en juin dernier, le ministère exposait ses grands sujets de prédilection, dont la mise en place de groupes de niveau, appelés «groupes de besoins» en français et en mathématiques en 6e et en 5e. «Tous les élèves suivront le même programme, mais, selon les thématiques et les compétences à travailler, ils seront répartis en groupes pour faciliter les apprentissages», indique le document. Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), «il n'y aura pas de groupes de niveau partout, ça, c'est une certitude» en référence aux établissements réfractaires à la mesure.
Autre sujet brûlant, les postes d'enseignants non pourvus, l'une des «urgences structurelles, qui sont en même temps des sujets de long terme», a-t-elle ajouté. Avec plus de 3.000 postes non pourvus aux concours enseignants du public et du privé, l'enjeu sera d'assurer qu’un professeur soit devant chaque classe à la rentrée et pour toute l'année.
Après le long passage de Jean-Michel Blanquer (2017-2022) au ministère, l'Education nationale a connu depuis deux ans quatre ministres. Une instabilité inédite. Le cinquième est attendu sous peu.
![«Je me suis fixée comme objectif la rentrée 2025», a déclaré Nicole Belloubet. [Alain JOCARD / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_34lv6k7_664e04ab542b9_0.jpg?itok=hhExR50X)