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Toulouse : l'animateur d'un centre aéré condamné à 7 ans de prison pour avoir agressé sexuellement et photographié des enfants nus

Les avocats ont déploré l’absence de réaction face aux premiers signaux, qui se sont vraisemblablement déclenchés dans son propre foyer familial. [LOIC VENANCE / AFP]

Clément, 29 ans, a été condamné ce vendredi à sept ans de prison pour avoir photographié et agressé sexuellement des enfants aux toilettes, dans le cadre de ses fonctions d’animateur dans un centre aéré de Toulouse (Haute-Garonne).

La Grand’chambre de la cour d’appel de Toulouse a condamné un homme de 29 ans à sept ans de prison vendredi 13 septembre, à l’issue de son procès. Animateur dans un centre aéré de Toulouse, il a photographié les mineurs nus et agressé sexuellement certains d'entre eux entre 2016 et 2023, lorsqu’il les emmenait aux toilettes.

Huit enfants sont concernées, et le condamné devra verser d’importants dommages et intérêts aux victimes, soit 1.000 euros par enfant victime de photos, 3.000 euros pour ceux qu’il a agressés, et 500 à 1.000 euros à leurs parents.

«Il nous a regardés, tous, et s’est excusé. D’avoir agressé nos enfants, de nous avoir choqués, traumatisés. Cela n’excuse rien mais…», a témoigné auprès de La Dépêche le père d’une des victimes après l’audience, relatant ainsi la posture de plusieurs parents et avocats. 

«Il faut le soigner»

Les réquisitions au maximum de la peine encourue, soit dix ans, ont laissé dubitatifs certains avocats et parents de victimes.

«C’est avant tout un malade. Il faut le soigner», a déclaré une mère de famille.

«Il nous a surpris, mais pour les parents, qui ont vécu une audience difficile en découvrant souvent beaucoup de détails dérangeants du dossier, ces mots pèsent», a estimé Me Malika Chmani, l’avocate qui defendait des enfants photographiés dans leur nudité et l’une des huit victimes d’une agression sexuelle.

La défense du criminel décrit un «garçon», qui «reste un homme qui n’a pas grandi». «Un adulte mais, en réalité, encore enfant. Sans ami, sans compagne, sans aucune expérience de l’amour ou de rapport sexuel», a décrit son avocat, Me Ferdinand Djammen Nzepa. 

Amoureux d'une fillette de 5 ans

Mais ce qu'a surtout déploré le juriste, c’est l’absence de réaction face aux premiers signaux, qui se sont vraisemblablement déclenchés dans son propre foyer familial, avant d’atteindre la sphère professionnelle : «Pas de réaction de sa famille quand on découvre qu’il filme sa sœur adolescente en cachette», ni «des mairies, celle de L’Union et de Toulouse malgré les alertes», a-t-il dénoncé.

Car lorsque Clément travaillait pour la mairie de Toulouse, plusieurs personnes se sont inquiétées de son comportement et ont donné l’alerte, sans être entendues. «Des collègues, des mères mais personne n’intervient et il continue, au quotidien à suivre de trop près les enfants», selon le constat de Me Robin Senié-Delon. 

Aucune inquiétude non-plus lorsque l’animateur avait suivi jusqu’à son domicile, situé loin du centre de Toulouse, une petite fille de 5 ans, scolarisée à l’école élémentaire de Lakanal.

Le condamné, âgé de 29 ans, parlait de «son amour» pour la fillette, allant même jusqu’à entourer d’un coeur les photos d’elle, «comme un gamin». «Mais comment, face à un tel comportement, ne pas s’inquiéter ? Jusqu’où aurait-il pu aller ?», se sont indignés les avocats.

Inscrit au fichier des délinquants sexuels, il a désormais l’interdiction de travailler avec des mineurs, d’approcher les écoles où il a commis les infractions, ainsi que les familles de ses victimes. 

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