Alors que le pape François s'apprête à visiter la Corse ce dimanche, la question du rapport entre l'Église catholique et le nationalisme insulaire est revenu sur le devant de la scène. Entre respect des traditions locales et appel à l'unité spirituelle, l'Église a adopté une posture nuancée face aux aspirations identitaires de l'île.
Une terre de chrétiens. En effet, en raison d’un profond attachement aux traditions religieuses et culturelles, le catholicisme prédomine en Corse. Si elle reconnaît et respecte l'identité forte de l'île, l’Église catholique ne s’implique toutefois pas directement dans le débat politique autour du nationalisme. Le rôle de l’institution est avant tout pastoral : soutenir les fidèles ou encore favoriser la solidarité.
L’Église corse par l'intermédiaire de l'un de ses dignitaires, ne se limite pas à un simple soutien à l'identité culturelle.
Attendu à Ajaccio ce dimanche 15 décembre, le pape François se rendra dans le diocèse du cardinal François Bustillo. Cet évêque suscite une large adhésion en Corse, y compris parmi les milieux autonomistes et indépendantistes. Par la voix du dignitaire religieux, l’Église corse prend ainsi régulièrement la parole dans les débats qui entourent le projet de loi sur l’autonomie de l'île.
Une position personnelle ?
Très apprécié dans certains milieux voulant s’éloigner du giron français, l’influence du cardinal basque de 56 ans dans son diocèse est indéniable. L’évêque d’Ajaccio avait d’ailleurs déclaré en janvier dernier que la Corse devait «retrouver son autonomie, sa liberté et sa capacité à gérer sa vie politique, économique, culturelle et même sanitaire».
Néanmoins, reçu au Sénat en mai dernier, le cardinal Bustillo s’est défendu devant les élus en expliquant que le projet de loi sur l’autonomie de la Corse en cours d’étude «pouvait être un projet politique collectif de paix et de responsabilité». Une position critiquée dans les rangs des sénateurs qui y ont vu une «constitutionnalisation du communautarisme dans un pays déjà archipellisé», ainsi qu’une «remise en cause de l’unité de législation».
Alors que sa hiérarchie a gardé le silence, l’évêque a tenté de souligner «l’importance de la volonté des Corses et des responsables locaux d’apporter une solution à un problème qui ne peut pas se résoudre qu’à Paris».