En tant que nouveau ministre des Outre-mer, Manuel Valls sera chargé de gérer plusieurs dossiers périlleux. Entre la vie chère dans les Antilles, la reconstruction de Mayotte, ou la situation en Nouvelle-Calédonie, les missions sont nombreuses pour l’ancien Premier ministre socialiste.
L’annonce de sa nomination a surpris du monde. Ce lundi, François Bayrou a décidé de confier la gestion du ministère des Outre-mer à Manuel Valls. L’ancien Premier ministre fait ainsi son retour dans un gouvernement après avoir quitté Matignon en décembre 2016.
En succédant à François-Noël Buffet, Manuel Valls a récupéré un portefeuille particulièrement compliqué et technique, tant les territoires ultramarins, dans leur diversité, subissent d’importantes crises.
Reconstruire Mayotte
10 jours après le passage du cyclone Chido, qui a ravagé Mayotte, Manuel Valls est chargé de travailler à la reconstruction du département le plus pauvre de France.
Lors de sa prise de parole ce mardi, le ministre a souhaité que la «loi spéciale», annoncée par Emmanuel Macron lors de son déplacement sur l’île, puisse «être présentée rapidement en Conseil des ministres». Un texte qui a pour objectif de «rebâtir Mayotte», mais aussi de «mettre fin» aux bidonvilles.
Manuel Valls a d’ailleurs assuré qu’il se rendrait sur l’île aux parfums «avec le Premier ministre le plus vite possible».
Conscient de «la colère» et de «la détresse» des Mahorais, il a prôné «l'action, avec l'urgence sur place : l'eau, la nourriture, les transports, l'électricité, les déplacements, le logement, (...) l'école et la rentrée scolaire au mois de janvier».
Le dossier de la Nouvelle-Calédonie
Reconnu pour sa «personnalité un peu kamikaze» par François Bayrou, Manuel Valls a également été nommé pour sa connaissance de la Nouvelle-Calédonie.
En effet, le ministre des Outre-mer bénéficie d’une expérience au côté de l’ancien Premier ministre Michel Rocard, considéré comme un des pacificateurs du «Caillou» par la signature des accords de Matignon en 1988.
La Nouvelle-Calédonie traverse l'une des pires crises de son histoire après avoir été en proie dès la mi-mai à des émeutes ayant duré plusieurs mois. Quatorze personnes sont décédées lors de ces troubles, qui ont éclaté sur fond de mobilisation indépendantiste contre la modification par l'État du corps électoral pour les élections provinciales, cruciales sur l’archipel.
Des violences qui ont causé plus de 2 milliards d’euros de dégâts selon les chiffres du Congrès de Nouvelle-Calédonie, soit 25% du PIB de l’archipel.
La vie chère dans les Antilles
La question de la vie chère dans les départements antillais est également une des priorités du nouveau locataire de la rue Oudinot.
Le dernier trimestre de l’année 2024 a été marquée par des violences en Martinique. Des débordements, en raison du coût de la vie qui avait poussé l’État a instaurer, un temps, un couvre-feu de minuit à 5 heures à Fort-de-France et d’autres communes.
En réaction à ces manifestations et émeutes lors desquelles de nombreux bâtiments, privés comme publics, et véhicules ont été incendiés, le gouvernement avait annoncé le développement d’un protocole pour lutter contre la vie chère en Martinique.
Celui-ci avait cependant été «suspendu» du fait de la censure du gouvernement Barnier. «Le protocole vie chère est suspendu. Nous n’aurons jamais la capacité d'avoir effectivement -20 %, au 1er janvier 2025, sur les 6.000 produits qui étaient prévus», a déploré l’ancien ministre des Outre-mer François-Noël Buffet le 5 décembre dernier.
Manuel Valls aura pour mission de relancer les discussions en Martinique, mais aussi en Guadeloupe, où les problématiques liées au coût de la vie sont aussi pointées du doigt.