Il y a plus de vingt ans, Jean-Marie Le Pen, qui s’est éteint ce mardi 7 janvier à l’âge de 96 ans, accédait pour la première fois au second tour de la présidentielle face à Jacques Chirac. Un coup de tonnerre dans le paysage politique de 2002.
C’était en 2002. Alors que Jean-Marie Le Pen est décédé ce mardi 7 janvier à l’âge de 96 ans, il y a 22 ans, ce dernier se trouvait aux portes de l’Élysée en accédant au second tour de la présidentielle face à Jacques Chirac. Un événement pour la France qui voit pour la première fois un candidat issu de l’extrême droite sur le point de devenir le chef de l’Etat.
Le 21 avril 2002 au premier tour, avec son score de 16,86%, le patron du Front national (aujourd’hui baptisé Rassemblement national), était quasiment au coude-à-coude avec Jacques Chirac et ses 19,88%. Pour la première fois, le Premier ministre et candidat du PS, Lionel Jospin, s'était retrouvé en troisième position avec 16,18%.
Le soir des résultats, Jean-Marie Le Pen s'est montré «très surpris». «Lors de son dernier meeting, quatre jours auparavant, à la tribune et devant les journalistes, il fanfaronnait (...) mais quand il en parlait autour de lui, bien sûr qu'il n'y croyait pas», déclarait Olivier Beaumont, grand reporter politique au micro de Jour J. Le chef du parti avait lui même confié dans un documentaire ne pas s'être préparé à remporter un duel au second tour d'une telle élection.
Un choc pour les Français
À l’époque, le président sortant et candidat à sa réélection Jacques Chirac, avait refusé de débattre avec le président du Front national. Le chef de l’Etat justifiait ainsi son choix par le fait de ne pas vouloir «banaliser» les idées de son adversaire. «Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine», avait-il déclaré lors d’un meeting.
«C’est une pitoyable dégonflade. Moi je lui offrais un duel, et quand un adversaire d’un duel est considéré comme s’étant retiré, il est déshonoré», avait alors rétorqué Jean-Marie Le Pen.
Après l’annonce des résultats, plusieurs milliers de Français étaient descendus spontanément dans les rues pour protester, notamment dans les grandes villes et à l'appel des syndicats étudiants. Trois jours plus tard, les manifestations se poursuivaient encore.
En effet, 60.000 personnes s'étaient rassemblées dans les grandes villes telles que Grenoble, qui avait voté massivement pour Lionel Jospin (87,85%). Le 1er mai, le mouvement avait pris de l’ampleur, entre 1,3 et 2 millions de personnes ont protesté dans toute la France contre le Front national.
Au second tour, Jean-Marie Le Pen fut finalement largement battu par Jacques Chirac qui a profité des reports de voix de la gauche, appelant à faire bloc face au FN. Le président de la République était alors réélu avec 82,21% des voix.