Co-fondateur de Mistal AI, pépite française de l'intelligence artificielle, Arthur Mensch, 32 ans, cherche à s'imposer face aux mastodontes américains et chinois du secteur. Son entreprise a connu une ascension fulgurante.
Peu connu du grand public, Arthur Mensch, 32 ans, est pourtant une figure de l'intelligence artificielle (IA) française et même européenne. Alors que le Sommet international pour l'action sur l'IA s'ouvre ce lundi 10 février à Paris, le trentenaire cherche à asseoir la notoriété de son entreprise : la start-up Mistral AI.
Celle-ci a été fondée en 2023, aux côtés de deux autres Français passés par Meta : Guillaume Lample et Timothée Lacroix. D'abord modeste, Mistral AI a par la suite connu une ascension fulgurante et est aujourd'hui valorisée à environ 6 milliards d'euros.
Elle a obtenu plus d'un milliard d'euros de financements en trois levée de fonds, la dernière atteignant 600 millions d'euros en juin. Aujourd'hui, Mistral AI compte un bureau à Londres, à Palo Alto aux Etats-Unis mais aussi à Singapour.
Vive Le Chat ! 🇫🇷 https://t.co/x5T4cRuEf4
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) February 7, 2025
Arthur Mensch ne compte pas s'arrêter là puisqu'il a annoncé, ce dimanche 9 février, la création de son propre centre de données dédié à l'intelligence artificielle en France. Il sera installé en Essonne et représentera plusieurs milliards d'euros d'investissements.
Polytechnicien et normalien féru de mathématiques, Arthur Mensch cherche à s'imposer face aux mastodontes américains et chinois du secteur. Il est passé par Deepmind, le laboratoire d'IA de Google, et a été désigné en septembre comme l'une des 100 personnes les plus influentes de l'intelligence artificielle par le magazine Time.
L'une de ses forces a été de présenter, dès ses débuts, des modèles capables de concurrencer ceux de Meta, Google ou OpenAI, le créateur de ChatGPT. Le tout en source ouverte, c'est-à-dire avec un accès libre au code de programmation. Auprès du Parisien, Arthur Mensch a expliqué vouloir «donner accès à une IA populaire et qui ne soit pas américaine».
Le soutien d'Emmanuel Macron
Pour rendre ses produits facilement accessibles, Mistral AI a signé des partenariats avec les géants Google, Microsoft, Amazon ou encore IBM. Elle a par ailleurs développé son propre outil conversationnel, baptisé Le Chat, qui permet au grand public de lui poser des questions via une application à télécharger sur smartphone.
Sa mise en ligne a été saluée par Emmanuel Macron, qui a posté vendredi le message «Vive Le Chat !» avec un drapeau tricolore sur X, avant d'inviter dimanche les Français à télécharger l'application lors d'un entretien sur France 2. Le président de la République a d'ailleurs annoncé 109 milliards d'euros d'investissements pour l'IA en France, vantant les mérites de cette technologie.
Un soutien politique bienvenu pour Arthur Mensch, qui fustige néanmoins une réglementation européenne «extrêmement pénible et obsolète» en matière d'intelligence artificielle. En décembre, lors d'une conférence sur l'IA à Paris, il a invité les régulateurs à «tout repenser, tout simplifier et tout unifier pour supprimer ces freins» auxquels ses concurrents américains ne sont pas confrontés selon lui.
Convaincu que «l'Europe a les meilleurs talents du monde en IA», le confondateur de Mistral AI a dit auprès du Parisien espérer que le Sommet pour l'action sur l'IA «fasse rayonner la France et l'Europe comme un endroit de référence en matière d'intelligence artificielle».
Il y voit l'occasion «de s'adresser à une population plus grande» car, selon lui, «l'IA n'est pas toujours bien comprise par les Français». «Il faut que les Français testent car ce n'est pas de la magie noire, a-t-il développé. Et qu'ils apprennent à l'utiliser comme ils ont appris, il y a vingt ans, à utiliser un ordinateur personnel ou, il y a dix ans, un smartphone».