Ce vendredi 28 février, Stéphane Hardouin prend ses fonctions en tant que chef de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), «la police des polices». Il succède à Agnès Thibault-Lecuivre.
Un magistrat en remplace une autre. Après Agnès Thibault-Lecuivre, partie rejoindre le cabinet de Gérald Darmanin, Stéphane Hardouin est le deuxième chef de l'Inspection générale de la police nationale qui n'est pas issu de la police.
Celui qui se définit comme «un magistrat de mission» sur son profil LinkedIn n'a pas caché son ambition auprès du média 94 Citoyen : «C’est la seconde fois qu’un magistrat est nommé à cette fonction. Ma prédécesseure, Agnès Thibault-Lecuivre, était aussi magistrate. Il s’agit d’un service passionnant, sensible, et d’enquête, que je vais découvrir avec beaucoup d’enthousiasme et d’humilité, car je découvre une administration nouvelle».
Une ascension jusqu'aux plus hauts postes de la justice
Nommé le 19 février 2025, il a été proposé par le ministre de l'intérieur, Bruno Retailleau. Il était procureur de la République de Créteil, où il officiait depuis le 1er février 2022.
La carrière de Stéphane Hardouin a débuté après l'obtention d'un DEA en tant qu'auditeur de justice à l'Ecole nationale de la magistrature (entre 1997 et 1999). A la suite de cette expérience, il devient substitut au procureur de la République de Pontoise jusqu'en 2002, puis substitut à l'administration centrale du ministère de la Justice.
En 2005, il devient substitut du procureur de la République puis vice-procureur à partir de 2007. Les trois années suivantes, il est directeur de projet auprès de la direction des services judiciaires (DSJ) avant d'être directeur de l'Ecole nationale des greffes (ENG), service rattaché à la DSJ.
Son poste suivant est celui de procureur de la République au tribunal de grande instance de Compiègne (2014-2016). Il enchaîne ensuite plusieurs postes : sous-directeur de la justice pénale spécialisée, directeur adjoint du cabinet du ministre d'Etat, inspecteur de la justice, directeur d'administration centrale et conseiller de justice auprès du Premier ministre (Jean Castex), entre 2020 et 2022. Son dernier poste est celui de procureur de la République au tribunal de justice de Créteil.
A 53 ans, il débute donc en tant que chef de l'IGPN avec enthousiasme : «Je crois en l'action et à la réforme au service de l'institution judiciaire. Lucide mais optimiste !»