L'association Antoine Alléno a présenté ce mardi 4 mars «Impact», son plan visant à lutter contre les violences routières, qui axe ses actions autour d'un triptyque innovation - sensibilisation - et adaptation législative.
Une initiative polymorphe qui tend à éradiquer ce type de violences, alors que 1.500 personnes sont décédées sur la route en raison de la drogue ou l'alcool l'an dernier. Un peu moins de trois ans après la mort d'Antoine Alléno, tué par un chauffard à Paris, l'association éponyme portée par son père, le chef étoilé Yannick Alléno, a dévoilé son nouveau plan d'actions contre les violences routières.
Baptisé «Impact», celui-ci invite les startupeurs à proposer des solutions intelligentes pouvant contribuer à la diminution du nombre de morts sur la route. Ouvert depuis le 17 mai 2024, ce concours sera clôturé le 31 mars prochain, et l'annonce des projets retenus et soutenus sera faite à l'occasion du salon Vivatech (du 11 au 14 juin 2025), depuis le stand de l'association.
«Nous voulons utiliser l'approche technologique pour sauver des vies. Ces idées provenant de 70 start-up vont être importantes dans le futur. Je pense à plusieurs innovations qui nous ont été présentées notamment un jean airbag, qui pourrait complètement sauver l'intégrité des membres inférieurs des motards. Une entreprise a de son côté conçu un système de capteur cérébral capable de déceler les premiers signes de somnolence chez l'automobiliste», a expliqué Yannick Alléno, qui espère pouvoir participer à la réduction de la mortalité sur la route.
Le chef multi étoilé entend aussi poursuivre son travail d'accompagnement des familles de victimes d'homicides routiers, qu'il avait initié au travers de l'association seulement quatre mois après la mort de son fils alors âgé de 24 ans. Depuis sa création, plus d'une centaine de personnes ont pu être épaulées dans leurs épreuves personnelles par le collectif.
Partenaire de premier plan de l'association dans cette nouvelle initiative, la Fondation Renault a indiqué que Renault Groupe développait, de son côté, de nombreux leviers d'actions visant à réduire des risques sur la route.
«Nous avons récemment mis à disposition, en licence gratuite, une innovation permettant aux services d'incendie et de secours d'intervenir rapidement sur les feux pouvant se déclarer dans les véhicules électriques, à destination de tous les constructeurs automobiles», a précisé sa directrice Catherine Gros ce mardi.
En quelques chiffres, 3.190 personnes sont mortes en 2024 sur la route, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Et parmi les plus représentés, la catégorie des 18-24 ans reste la plus touchée avec 531 jeunes adultes morts (+34 tués par rapport à 2023) et 2.800 blessés gravement. Une situation qui alerte Yannick Alléno, qui puise dans son drame familial, la force d'étendre un peu plus son combat. «C'est une façon de le (Antoine) laisser en vie. Coluche disait qu'il n'est pas normal de mourir de faim au pays de la bouffe. Moi je dis qu'il n'est pas normal qu'on meurt comme ça sur le trottoir. C'est inadmissible», a confié le chef à CNEWS.
Changer la loi, une nécessité
Présent ce mardi au Pavillon Ledoyen, où étaient organisés la présentation d'Impact et un temps d'échange avec la presse, le député des Alpes-Maritimes Eric Pauget, co-auteur et rapporteur de la proposition de loi visant à la création d'un homicide routier a apporté son soutien au projet, et a rappelé l'importance de reprendre le travail législatif sur ce texte.
Pour mémoire, celui-ci avait été adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale en première lecture en mars 2024, mais le travail législatif avait ensuite été stoppé net, conséquence de la dissolution du gouvernement Barnier.
«L'objectif de ce texte est de faire évoluer notre droit et notre code pénal. Aujourd'hui lorsque quelqu'un tue sur la route, alors qu'il a volontairement consommé de l'alcool, de la drogue, et volontairement pris son véhicule, on estime que la voiture devient une arme par destination et que l'on ne peut pas se satisfaire de la qualification pénale "d'homicide involontaire"», a souhaité le parlementaire au sujet de la création du qualificatif d'homicide routier.
Le député du groupe Droite Républicaine a indiqué avoir récemment été soutenu par le Premier ministre François Bayrou, ainsi que les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, au sujet de cet ajout dans le droit.
Un spectacle immersif pour sensibiliser
Enfin, le dernier volet d'Impact s'articule autour de la sensibilisation du plus grand nombre en matière de sécurité routière et de l'importance de responsabiliser au maximum les conducteurs. A travers un spectacle immersif intitulé Fragiles, moult artistes vont, à travers leurs terrains d'expression, inviter le public à s'engager contre les violences routières.
«Il fallait trouver quelque chose qui pousse l'introspection», explique Yannick Alléno, qui jure que «l'aspect moralisateur ne fonctionne plus, surtout chez les jeunes», et qui a invité le plus grand nombre à découvrir cette performance inédite.
«Parmi toutes les performances proposées, l'une d'elle décrira le moment où un individu, lors d'une soirée, de retrouve de fil en aiguille à consommer de l'alcool et arrive, in fine, dans un moment où sa propre décision de rentrer chez lui par ses propres moyens», a teasé Frédéric Bault, directeur de création chez Havas Event à l'initiative de l'événement prévu le mardi 11 mars au Trianon.
Entre autres, le chanteur Gaëtan Roussel, le danseur de l'Opéra de Paris Takeru Coste, la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury-Perkins, ainsi que le dessinateur de BD Jean-Louis Tripp, participeront à cette initiative, où s'entremêleront les messages de prévention.