Plusieurs milliers de personnes, dont en majorité des jeunes femmes, se sont rassemblées ce vendredi 7 mars devant la gare de l'Est, à Paris, pour participer à une marche «féministe radicale de nuit», finalement autorisée par la justice après avoir été d'abord interdite par la préfecture de police de Paris.
«Gloire à la première, à la deuxième, à la troisième intifada», «De la mer au Jourdain, la Palestine aux Palestiniens»... Ce vendredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant la gare de l'Est à Paris pour participer à une «marche féministe radicale de nuit», organisée par l'Assemblée féministe Paris-Banlieue et d'autres collectifs. À la veille de la journée internationale du droit des femmes, les manifestants ont profité de cette marche pour multiplier les provocations.
🚨« INTIFADA ! INTIFADA ! » Les militantes des collectifs Urgence Palestine et Samidoun appellent à l’intifada dans les rues de Paris au cours de la marche des féministes radicales du 7 mars. @Frontieresmedia 📸 pic.twitter.com/jg40rvrfbT
— Jules Laurans (@Jules_Laurans) March 7, 2025
Organisée depuis plusieurs années, cet événement se donne pour objectif de dénoncer les discours «anti-LGBTQI», «racistes» ou «colonialistes». L'interdiction reçue cette année était la première du genre et a été suspendue in extremis, peu avant l'heure de rendez-vous fixée à 18h30.
Le tribunal administratif a estimé que les risques de troubles à l'ordre public invoqués n'étaient «pas suffisamment justifiés», sachant que depuis 2020 cette marche ne s'est jamais accompagnée «de violences ou de la diffusion de messages incitant à la haine ou à la discrimination, y compris lorsque des collectifs de soutien à la Palestine y avaient participé».
3.500 personnes mobilisées
Le cortège, composé de 3.500 personnes selon la préfecture de police, a donc débuté sa marche vers 19h30, en direction de l'Hôtel de ville. A sa tête, les manifestants brandissaient deux banderoles, l'une appelant à «une autodétermination totale des corps, des identités, des peuples» et l'autre rendant «gloire aux résistantes palestiniennes».
De nombreux slogans pro-palestiniens ont été repris, notamment «Nous sommes tous des enfants de Gaza», scandé par un groupe de manifestants portant des keffiehs. «On est là, même si Nuñez (le préfet de police de Paris, NDLR) ne veut pas. On est là, contre le fascisme rampant au sein du gouvernement», entendait-on aussi dans la foule.
Ambiance de folie à l'occasion de la manif féministe radicale de ce 7 mars
Et dire que @BrunoRetailleau et @NunezLaurent voulaient nous empêcher de vivre ce moment ! pic.twitter.com/lceWdBsCh7— Ersilia Soudais (@ErsiliaSoudais) March 7, 2025
À ma demande, le Préfet de Police avait bien interdit cette manifestation.
Le Tribunal administratif en a décidé autrement.
Un mensonge, même répété 100 fois, reste un mensonge. https://t.co/RSkMO6ONeD— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) March 8, 2025
Sur X, la députée LFI de Seine-et-Marne Ersilia Soudais a fait part de sa participation à cette marche. Se félicitant de «l'ambiance de folie», elle a également écrit : «Même si Laurent Nunez ne veut pas, nous on est là».
Qualifié de «champion de l'impuissance» par Julien Odoul, député RN de l'Yonne, pour ne pas avoir empêché la tenue de cette manifestation, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, s'est défendu, rappelant que le préfet de police avait bien interdit l'événement à sa demande mais que «le tribunal administratif en a décidé autrement».