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Note souveraine de la France : comment un pays est-il jugé par Fitch, Moody's ou Standard & Poor's ?

En octobre Fitch avait accordé un «AA-» à la France assorti d'une perspective négative, signe d'une possible dégradation à venir. [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

L'agence de notation Fitch a donné un avis très attendu sur la dette française ce vendredi 14 mars, en maintenant la note souveraine du pays à AA-. Celle-ci est attribuée en fonction de différents critères.

Dans un contexte économique et politique délicat en France, l'avis de l'agence de notation Fitch sur la dette française était plus qu'attendu. Ce vendredi 14 mars, elle a décidé de maintenir la note souveraine du pays à AA-, alors qu'un risque de dégradation n'était pas exclu.

Concrètement, pour Fitch l'enjeu était d'évaluer la faculté du gouvernement à limiter le déficit public à 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre environ 6% en 2024, mais aussi sa capacité à stabiliser sa dette à moyen terme.

La précédente note attribuée à l'Hexagone par l'agence datait d'octobre, quand la France était encore sans budget. Elle lui avait alors accordé un «AA-» assorti d'une perspective négative, signe d'une possible dégradation à venir à laquelle la France a finalement échappée ce vendredi.

Différents scénarios échafaudés

Pour noter un pays, une agence de notation comme Fitch, Moody's ou Standard & Poor's (S&P), les trois principales, échafaude différents scénarios et détermine lequel est le plus probable en s'appuyant sur les entrées et sorties financières dudit pays. Le tout, dans le but d'évaluer le risque de défaut de paiement.

Comme le rappelle Le Monde, d'autres paramètres sont également pris en compte tels que le climat social, la stabilité du paysage politique ou encore le contexte international.

Ces agences parviennent à un score global présenté sous forme de lettre : le meilleur est le triple A tandis que le pire est le C ou le D, selon les grilles de notation. La dégradation de la note signifie que le pays en question est moins solvable, aussi, il peut se voir relégué dans une catégorie moins recherchée par les investisseurs institutionnels comme les banques et assurances.

Un gage de confiance

En d'autres termes, cette notation souveraine constitue ou non un gage de confiance. Elle détermine si un pays peut emprunter auprès de ces investisseurs, combien et à quel taux. Sans nécessairement poser de problème de financement, un abaissement de la note française pourrait ainsi conduire à une baisse de la demande de titres français et donc à un relèvement des taux.

En octobre, Fitch avait estimé que la «forte fragmentation politique» observée en France entravait la capacité du pays «à mettre en oeuvre des politiques d'assainissement budgétaire durables». Elle avait aussi mis en doute la possibilité pour l'Hexagone de passer sous les 3% de PIB pour le déficit en 2029, le maximum autorisé dans l'Union européenne.

Sachant que le paysage politique reste morcelé, que le gouvernement a abaissé à 0,9% sa perspective de croissance pour 2025 et que la compétitivité européenne pourrait pâtir de l'augmentation des droits de douane voulue par le président américain Donald Trump, la crainte de voir Fitch abaisser la note française était réelle.

Finalement, il n'en est rien puisque l'agence a estimé que malgré son «dérapage budgétaire» de l'an dernier, le pays conserve une économie «vaste et diversifiée», avec des «institutions fortes et efficaces». La dernière note attribuée est donc maintenue, de même que la perspective négative formulée en octobre.

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