Le ministère des Sports a annoncé une réduction drastique de 75 % de la subvention allouée au Comité national olympique et sportif français (CNOSF). La décision jugée brutale et unilatérale, suscite une vive inquiétude au sein du mouvement sportif français, moins d’un an après le succès de Paris 2024 et à l’aube des JO d’hiver de 2030 organisés en France.
Un coup de rabot aux lourdes conséquences. Le Comité olympique français a été informé jeudi dernier par le ministère des Sports de son intention de réduire de 75 % la subvention prévue pour 2025, soit une diminution de près de 30 % de son budget annuel. Une menace susceptible de ruiner le modèle économique du représentant du mouvement sportif français auprès des pouvoirs publics.
Si cette décision est liée aux nouvelles économies demandées à tous les ministères, elle survient à peine un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, salués comme un succès national. «Nous ne sommes vraiment pas d’accord, cette décision est incompréhensible à l’heure où l’on parle d’un héritage de 2024», a confié à CNEWS Axel Clerget, judoka et co-président de la Commission des Athlètes de Haut Niveau du CNOSF.
En effet, cette coupe budgétaire pourrait bien compromettre le legs des Jeux, en affectant la capacité des clubs à accueillir de nouveaux licenciés, en mettant en péril le financement des infrastructures sportives ou encore en fragilisant l’organisation de compétitions majeures. Alors que la France accueillera les Jeux olympiques d’hiver de 2030, organisés dans les Alpes, la décision de l’État «est terrifiante et risque de tuer le sport olympique d’hiver aussi», a également déploré le champion olympique de judo à Tokyo 2020.
«S’en prendre au CNOSF, c’est s’en prendre à tous les acteurs du sport français»
Au soutien de leur maison, les athlètes français sont montés au créneau. Accompagné d’un visuel fort édité par le Comité, de nombreux sportifs ont partagé sur leurs réseaux sociaux un message percutant.
«De ses forces vives, des valeurs qu’il véhicule, des programmes qu’il active, des liens pacifiques et constructifs internationaux qu’il entretient et de la famille du sport tout entier qu’il représente… S’en prendre au CNOSF, c’est s’en prendre à tous les acteurs du sport français», ont relayé les athlètes, dont la vice-championne olympique d’escrime Auriane Mallo.

Le mouvement sportif français souhaite ainsi faire entendre sa voix avant toute décision définitive. En outre, le CNOSF s’est dit prêt à collaborer avec le gouvernement pour trouver des solutions compatibles avec les contraintes budgétaires tout en préservant le modèle sportif français.
Dans un contexte de capitalisation impulsée par l'élan des Jeux de Paris 2024, la coupe budgétaire de 9,4 millions d’euros infligée au Comité national olympique, stable depuis dix ans, risquerait de compromettre les efforts déployés pour renforcer la place du sport dans la société.
Une réévaluation de cette mesure semblerait nécessaire afin de préserver l'avenir du sport, levier essentiel pour la santé, pilier de la cohésion sociale et de l’excellence française.