Depuis plusieurs mois, les résidents du quartier typique de la Butte Montmartre sont confrontés à un flux quasi ininterrompu de touristes venus du monde entier.
Une cohabitation de plus en plus difficile. Avec ses 11 millions de visiteurs annuels, la Basilique du Sacré-Cœur est désormais le monument le plus fréquenté de France, surpassant même la Tour Eiffel. Si ce succès fait rayonner le quartier, il pèse lourdement sur la vie quotidienne des habitants, qui ont tiré la sonnette d'alarme.
«Ça en devient invivable pour les riverains. Avant, on se disait "c'est un quartier chouette, il y a du tourisme, mais ça fait partie du quotidien", mais maintenant on dit "il y a du tourisme et on en souffre"», a témoigné Anne Renaudie, présidente de l'Association «Vivre à Montmartre», qui a comparé le lieu à un «parc d'attractions».
Dans ce quartier, qui compte 30.000 habitants, des banderoles avec des inscriptions telles qu'«habitants oubliés !», «derrière ces façades il y a des gens», ou encore «laissez vivre les Montmartrois» sont affichés aux fenêtres, illustrant l'exaspération des résidents.
Le succès mondial de la série «Emily in Paris», relatant les péripéties d'une Américaine s'installant dans un Paris parfois caricatural pour son travail, a amplifié le phénomène depuis sa diffusion sur Netflix en 2020.
Une flambée du prix de l'immobilier
Les visiteurs se bousculent notamment chaque jour pour prendre la pose devant la devanture du célèbre café «La Maison Rose», visible dans le feuilleton. «Ils mettent leurs pieds sur les murs. Donc, on est obligé de mettre des poteaux pour essayer d'éviter un maximum les salissures», a expliqué la propriétaire au quotidien Monde.
Un tourisme «quotidien», émergé après la pandémie de Covid-19, s'est particulièrement intensifié avec les Jeux Olympiques depuis mars. Récemment, la dernière étape du Tour de France à Montmartre le dimanche 27 juillet a également remis le quartier en lumière.
Face aux plaintes croissantes, le maire du 18e arrondissement Eric Lejoindre, a proposé différentes mesures afin de rendre aux habitants leur sérénité d'antan. «Il faut libérer de la place, réguler la présence de la voiture, la réduire, réguler aussi la question des terrasses. Regardez Montmartre, il n'y a pas la même densité de public tout au long de la journée et de l'année», a-t-il déclaré.
L'édile souhaite notamment lutter contre la prolifération de plates-formes de location touristiques dans l'arrondissement, qui compte notamment le plus grand nombre d'annonces Airbnb, considéré comme un facteur majeur de la hausse significative des prix de l'immobilier.