François Bayrou a tenu une conférence de presse ce lundi 25 août pour défendre le budget 2026. Il s'est également exprimé sur l'appel citoyen et politique à la mobilisation du 10 septembre. Un discours qui se veut convaincant, mais peut-être insuffisant pour échapper à la censure qui le guette.
Dettes, session extraordinaire et débat confus, voici ce qu'il faut retenir du discours de rentrée de François Bayrou. Menacé d'une censure par l'opposition politique et d'une mobilisation citoyenne, le Premier ministre a tenu une conférence de presse ce lundi 25 août afin de défendre le budget 2026. Pour rappel, plusieurs de ces mesures sont à l'origine de l'appel à la mobilisation du 10 septembre lancé, par un collectif citoyens et depuis soutenu par des partis politiques de gauche.
La dette
Après une brève revue de la situation internationale, François Bayrou a ouvert son discours en évoquant la gravité de la dette : «Depuis 20 ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit a augmenté la dette de 12 millions d’euros supplémentaires», a-t-il déclaré.
Il a évoqué pour cause les nombreuses crises traversées récemment, telles que la crise des subprimes, la crise des gilets jaunes, la guerre en Ukraine ou encore le Covid-19. Selon lui, la dépendance à la dette est devenue chronique en France et les milliards empruntés n’ont pas été utilisés à bon escient (pour les universités, les laboratoires, la recherche...), mais pour les dépenses courantes.
La charge de la dette va devenir cette année le budget le plus important de la nation et les annuités à rembourser vont être plus lourdes que les budgets des armées, de l’éducation nationale, du logement et de la justice additionnés. Entre 2024 et 2025, elle est passée de 60 à 66 milliards, elle grimpera à 75 milliards en 2026 puis à 107 milliards en 2029 selon la Cour des comptes, si la situation reste la même.
La responsabilité du gouvernement
«La dette colossale a été consommée en dépense courante et en protection des citoyens», a-t-il répondu aux accusations qui pointaient du doigt une mauvaise gestion de la part du gouvernement de ses dépenses. Il assure que cette dette a été, entre autres, creusée pour servir les retraités, les assurés sociaux, les entreprises et la crise du Covid-19.
Le débat aurait sombré dans la confusion, il devrait être centré autour de la nécessité de dépenser moins et produire plus selon un plan et une trajectoire en 4 années. «Ne débattre que des mesures c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble», a-t-il conclu, avant d'ajouter «que les plus favorisés seront appelés à prendre leur juste part dans l’effort national».
Une session extraordinaire le 8 septembre
Emmanuel Macron a accepté de convoquer le Parlement dans une session extraordinaire, le 8 septembre, François Bayrou y mettra en jeu la légitimité du gouvernement, avec une déclaration politique générale en accord avec l’article 49.1 de la Constitution. La question centrale qui y sera posée sera la suivante : y a-t-il urgence, ou pas ? Une réunion de crise, qui se tient à seulement 48 heures de l'appel à la mobilisation du... 10 septembre.
Quant à sa place à la tête du gouvernement, il assure que si la confiance est refusée, même par une majorité relative de «non», il s'y pliera, et devra partir, selon l'article 50 de la Constitution.
La France Insoumise
Le Premier ministre a exprimé son aversion pour les méthodes employées par La France Insoumis et son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui ont appelé à «conflictualiser le pays, pour obtenir une révolution». «Cela, ce n’est pas la France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, ce sont ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité», a-t-il martelé.
Bayrou accepte de se soumettre à la démocratie parlementaire, contrairement à Macron qui continue son coup de force en refusant de reconnaître le résultat des dernières élections.
Le 8 septembre, pour la première fois depuis cinq ans, un premier ministre macroniste demandera un…— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) August 25, 2025
La réaction du mouvement n'a pas tardé à se faire entendre. Ils ont immédiatement annoncé voter contre le vote de confiance qui sera proposé à l'Assemblée nationale prochainement.
Une décision partagée par le Rassemblement national, l'UDR ou encore le Parti communiste.
Penser aux générations futures
«L’essentiel se joue pour ceux dont on ne parle jamais : les enfants, je ne veux pas qu’on leur laisse un monde écrasé de dette», a assuré le leader du MoDem, avant de poursuivre en affirmant que les enfants sont les plus importants pour construire l'avenir de la nation et qu'il fallait y arriver «pour eux», en adultes «responsables et affectueux».