Suivant le modèle de Donald Trump, la Hongrie a, à son tour, exhorté l’Union européenne à classer le mouvement «Antifa» comme une organisation terroriste. Ce courant de gauche radicale, protéiforme, s'identifie sous la bannière de l’antifascisme.
En visite d’Etat au Royaume-Uni jeudi 18 septembre, Donald Trump a déclaré sur son réseau Truth Social vouloir inscrire les Antifas sur la liste des organisations terroristes aux États-Unis, une semaine après la mort de l’influenceur d’extrême droite Charlie Kirk. Le président américain a décrit un mouvement «malade, dangereux et radical de gauche».
Quelques jours plus tard, en Europe, la diplomatie hongroise a, à son tour, dénoncé devant l'Union européenne le «réseau violent» du mouvement «Antifa». Ainsi, elle a défendu sa volonté de désigner le courant antifasciste comme une organisation «terroriste».
Un mouvement créé au début du XXe siècle
Né dans la première moitié du XXe siècle, pour certains en Italie face à Benito Mussolini pour d'autres en opposition à l'Allemagne nazie dans les années 1930, le terme «antifa», abréviation d’«antifasciste», désigne aujourd’hui des groupes militants d’extrême gauche.
Loin d’être une entité unique, l'organisation «Antifa» se mobilise contre les fascistes et les néonazis, principalement lors de manifestations. Ses membres répondent régulièrement aux appels contre l’extrême droite et aux mouvements qu’ils considèrent comme néofascistes. Souvent associés à des courants anarchistes et altermondialistes, les militants rejettent la société capitaliste et prônent une redistribution des richesses. Certains estiment que la violence peut être un moyen d’action légitime.
«Ni un groupe ni une organisation»
Sans dirigeant, le mouvement «Antifa» constitue un réseau informel. Recensé aux États-Unis, en Europe dont en France, il incarne une idée collective inscrite dans la gauche radicale, mais développée indépendamment par des groupes d’individus. Ces derniers ont revendiqué ne pas former de parti et se tenir à distance de la politique électorale traditionnelle.
«Ce n’est ni un groupe ni une organisation. C’est un mouvement ou une idéologie», a résumé à l'AFP Christopher Wray, ancien directeur du FBI. Selon lui, cette mouvance ne peut être qualifiée de groupe terroriste au niveau fédéral puisqu’elle est dépourvue de toute structure hiérarchique.
Pourtant outre-Atlantique, Donald Trump av déjà imputé à la mouvance «Antifa» une partie des émeutes qui avaient suivi le meurtre de George Floyd en 2020. En France, ses militants se mobilisent régulièrement contre les meetings politiques d’extrême droite. Lors de ces manifestations, leurs slogans ciblent la police et l’extrême droite. Des slogans comme «Police partout, justice nulle part» ou, comme entendu lors d'une manifestation opposée à la venue d'Eric Zemmour à Lille en 2021 : «Un flic, une balle, un facho, une rafale», a relayé Les Jours.
Un uniforme qui ne passe pas inaperçu
Les partisans d'«Antifa» sont reconnaissables : habillés de noir, souvent masqués, drapeaux noir et rouge, ils se placent en tête de cortège ou aux extrémités. Leur activisme passe aussi par une forte présence sur les réseaux sociaux et par des affichages dans l’espace public.
Qualifier les Antifas de groupe terroriste aurait des implications majeures. La justice américaine pourrait poursuivre non seulement les membres, mais aussi ceux qui leur apporteraient un soutien matériel, même sans lien direct avec des violences.