La polémique continue de grossir depuis l’annonce de l’ouverture de magasins Shein en physique. Certaines marques ont pris la parole pour critiquer cette ouverture.
Le BHV Marais à Paris, les Galeries Lafayette à Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges sont les six grands magasins détenus par la Société des grands magasins (SGM) qui vont accueillir les premières boutiques physiques de la marque de vêtements chinoise Shein. Une première en France qui a suscité de nombreuses réactions, pour la plupart négatives, notamment celle de Mathilde Lacombe, la cofondatrice de la marque de produits cosmétiques Aime.
Dans un post LinkedIn, elle a annoncé vouloir retirer sa marque du BHV : «Je suis profondément choquée de voir un grand magasin parisien historique comme le BHV MARAIS accueillir Shein dans ses murs. Nous y sommes présents avec AIME mais cette décision ne correspond pas à nos valeurs ni à ce que nous défendons : une industrie de la mode et de la beauté plus responsable, plus respectueuse des personnes et de la planète», a-t-elle expliqué sur le réseau social professionnel.
Plus de 10.000 personnes ont réagi à sa prise de parole où elle a invité d’autres marques à suivre son exemple. Une invitation à laquelle a répondu Kenza Keller, fondatrice de la marque Talm, qui a annoncé elle aussi sur LinkedIn l’arrêt de son partenariat avec le BHV : «En cohérence avec nos valeurs, Talm ne renouvellera pas son contrat avec le BHV à compter de 2026», pouvait-on lire sur sa page.
Merci Handy a rejoint ces deux marques dans leur campagne de boycott du BHV. «Nous avons demandé en urgence un rendez-vous pour exprimer notre désaccord et tenter de dissuader ce partenariat», a affirmé Louis Marty, fondateur de la marque.
Un accord critiqué par la mairie de Paris
Ces défections de marques restent pour l’instant mineures mais elles font écho aux nombreuses réactions qu’a entraînées la décision de Frédéric Merlin, le PDG de la Société des grands magasins (SGM), de faire entrer Shein dans ces magasins. La Caisse des dépôts, impliquée dans les négociations en cours pour le rachat des murs du grand magasin parisien par la SGM, a déclaré ne «pas cautionner» cette alliance. La mairie de Paris a elle aussi dénoncé l’implantation. Les acteurs du secteur, par la voie de la Fédération française du prêt-à-porter féminin (FFPAPF), ont accusé la SGM de «cracher à la tête de leurs collaborateurs, de leurs clients et de toute la mode française», dans un communiqué.
Face à l’ampleur des réactions, la SGM a réagi : «Nous comprenons les interrogations que suscite cette annonce mais nous maintenons le dialogue avec les élus, les partenaires et l'ensemble des acteurs du secteur pour expliquer la réalité et les enjeux positifs de ce partenariat».