Alors qu'il entrera au Panthéon ce jeudi en début de soirée, la tombe du célèbre homme politique Robert Badinter a été vandalisée, a annoncé la mairie de Bagneux, où il reposait. Emmanuel Macron a qualifié le geste de «honte».
«Eternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les viols, la République le sanctifient» : c'est avec ces mots que la tombe de Robert Badinter a été profanée, ce jeudi 9 octobre, au cimetière de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, quelques heures avant son entrée au Panthéon. «Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire», a réagi Emmanuel Macron. «La République est toujours plus forte que la haine», a-t-il écrit dans un message publié sur X.
La tombe de Robert Badinter a été profanée. Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire. Ce soir, il entrera au Panthéon, demeure éternelle de la conscience et de la justice. La République est toujours plus forte que la haine.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) October 9, 2025
La maire communiste de Bagneux Marie-Hélène Amiable a condamné un «acte lâche». «Les inscriptions retrouvées par la police mettent en accusation ses engagements contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l'homosexualité», a accusé l'édile. «Elles sont indignes de cet ancien ministre et sénateur, porteur des avancées historiques qui ont permis d'abolir la peine de mort en France, en 1981 et de dépénaliser l'homosexualité en 1982», a-t-elle dénoncé dans un communiqué.
Une enquête a été ouverte du chef de profanation de sépulture, a indiqué le parquet de Nanterre dans un communiqué. Des faits punis d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende. L'enquête a été confiée à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.
Début de la cérémonie à 17h
L'hommage à l'ancien avocat et garde des Sceaux a débuté mercredi soir par une veillée funèbre au Conseil constitutionnel qu'il présida de 1986 à 1995, parmi les nombreux engagements de sa vie. A 17h (15h GMT) ce jeudi, le cercueil portant le nom de Robert Badinter, décédé en février 2024 à l'âge de 95 ans, doit être transporté vers l'ancienne église, au centre de Paris, pour une cérémonie d'environ une heure. Il s’agit de la cinquième panthéonisation sous la mandature d’Emmanuel Macron.
En présence d'un public que l'Élysée espère nombreux grâce à une «scénographie adaptée», la cérémonie suivra le «scénario traditionnel» : remontée de la rue Soufflot, accueil du cercueil sous la nef du Panthéon par le président de la République, qui prononcera un discours «court et percutant», puis installation dans le caveau «des révolutionnaires de 1789», où reposent Condorcet, l'abbé Grégoire et Gaspard Monge depuis le bicentenaire de la Révolution.