Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement a annoncé lancer une procédure de suspension de Shein. Cette annonce laisse planer la menace d’une sanction pour la plate-forme dans la tourmente après la découverte de poupées sexuelles enfantines en vente sur son site. Mais comment peut-elle être appliquée ?
Les polémiques n’ont pas empêché les Parisiens de faire la queue devant les portes du BHV pour découvrir la première boutique physique à Paris de Shein. L’ouverture s’est faite dans un climat controversé pour la plate-forme de l’ultra fashion. Pendant que les premiers clients foulaient les allées du BHV, le gouvernement lançait une procédure de suspension contre le site de vente en ligne après la découverte de poupées sexuelles à l’apparence infantile et d’armes de catégorie A en vente sur le site.
«Le gouvernement engage la procédure de suspension de Shein le temps nécessaire pour que la plate-forme démontre aux pouvoirs publics que l'ensemble de ses contenus soient enfin en conformité avec nos lois et règlements», pouvait-on lire dans le communiqué publié par le gouvernement. AliExpress, Temu et Wish, pour lesquelles des enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris, sont elles aussi sous la menace d’une suspension. Si le géant chinois ne satisfait pas aux demandes des autorités françaises, le gouvernement pourrait déréférencer le site et son application des moteurs de recherche et des magasins d’applications.
Un précédent adressé à Wish en 2021
Cette sanction avait déjà été prise contre le site d’e-commerce Wish en 2021, à la suite d'une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Retiré des moteurs de recherche, Wish restait néanmoins disponible en tapant l’adresse du site dans la barre de recherche. La mesure voulue par le gouvernement reste donc dans les faits limitée.
Des sanctions aux effets limités
L'autre levier d’action consiste à bloquer en amont les connexions au site. Cette mesure peut être demandée au Fournisseurs d’accès à Internet (FAI) par l’Arcom. Elle est notamment utilisée pour bloquer les sites de streaming illégal ou les sites pour adultes. Néanmoins, le recours au VPN reste encore un moyen de détourner cette mesure. Shein a jusqu’à vendredi pour éviter d'être banni des moteurs de recherche en France. Un point d’étape est prévu par le gouvernement.
Shein prêt à coopérer
La plate-forme de vente en ligne a réagi en affirmant avoir pris acte de cette décision du gouvernement : «La sécurité de nos clients et l’intégrité de notre marketplace sont nos priorités absolues», explique dans un communiqué Quentin Ruffat, porte-parole de la marque. Le géant du e-commerce a annoncé parallèlement suspendre sa marketplace en France «à la suite de préoccupations liées à certaines mises en ligne effectuées par des vendeurs tiers indépendants.»