A un peu plus de trois mois des élections municipales, le paysage politique bordelais commence à se clarifier... sans pour autant s'apaiser. A droite et au centre, l'union longtemps espérée est désormais actée autour de Thomas Cazenave. A gauche, en revanche, la fragmentation persiste face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic, dont la candidature n'a pas été officialisée.
La bataille s'annonce particulièrement disputée. Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs de Bordeaux (Gironde) seront invités à voter pour leur futur maire, à l'occasion des élections municipales.
Après des mois de négociations, de sondages concurrents et de rivalités assumées, le centre et la droite bordelais ont finalement trouvé leur chef de file. Le député Ensemble pour la République de Gironde, Thomas Cazenave, va conduire une liste d'union face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic.
Sa principale rivale, la sénatrice et présidente du Parti radical Nathalie Delattre, a annoncé faire le choix de «l'union» avec l'ancien ministre. «L'intérêt général doit toujours primer sur toute autre considération. L'heure n'est jamais aux calculs individuels, mais toujours à la responsabilité collective», a t-elle déclaré dans un communiqué.
Les deux anciens ministres appelaient depuis des mois à unir leurs forces pour éviter la répétition du scénario de 2020, lorsque la division du centre-droit avait ouvert la voie à la victoire de Pierre Hurmic, mettant fin à plus de 70 ans de domination modérée à Bordeaux.
A gauche, un éclatement qui fragilise le camp écologiste
Si l'opposition semble désormais plus lisible, la situation est plus confuse à gauche. Pierre Hurmic, a la faveur d'une dynamique écologiste nationale, mais n'a pas encore officiellement annoncé sa candidature à un second mandat. Le maire de Bordeaux doit dévoiler ses intentions début janvier, mais il est largement pressenti pour repartir.
Autour de lui, les tensions sont palpables. L'ex-adjoint au maire Nordine Raymond (LFI), s'est positionné de manière critique vis-à-vis de la majorité sortante. L'ancien candidat à la présidentielle, Philippe Poutou, soutenu par le Nouveau Parti anticapitaliste, a également laissé entendre qu'une candidature issue de la gauche radicale restait une option crédible à Bordeaux. De même pour la militante associative Myriam Eckert, engagée de longue date au sein de «Bordeaux en luttes».
Cette multiplication des listes interroge sur leur poids réel dans les urnes. Si certaines revendiquent une continuité militante et une exigence de radicalité sociale et écologique, leur dispersion pourrait, là encore, profiter à un adversaire mieux organisé.
De son côté, le Rassemblement national sera représenté par l’eurodéputée Julie Rechagneux, ancienne élue régionale.