Donald Trump a assuré mardi que les Etats-Unis agiraient "de manière très forte" si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays.
"Nous agirons de manière très forte s'ils font une chose pareille" a dit le président américain, interrogé par un journaliste de la chaîne CBS sur de potentielles exécutions par pendaison dès mercredi.
Dans un communiqué, l'ambassade de France en Iran a «déconseillé formellement tout déplacement de ressortissant français en Iran, y compris binationaux».
«La France condamne avec la plus grande fermeté la violence d’État qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques», a écrit le ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué.
«Alors que l’usage délibéré de la violence a déjà causé un très grand nombre de morts parmi les manifestants, que les détentions arbitraires et le blocage d’internet se poursuivent, la France appelle les autorités iraniennes à respecter les libertés et droits fondamentaux des Iraniens».
«La France se tient aujourd’hui plus que jamais au côté du peuple iranien. L’Iran doit respecter les aspirations légitimes de sa population».
Donald Trump a encouragé mardi les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement jusqu'à renverser les autorités, en promettant sur son réseau Truth Social que "l'aide était en route", sans plus de précisions.
«Patriotes iraniens, CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!» a écrit le président américain, précisant qu'il avait "annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s'arrêtaient pas."
La France a convoqué mardi l'ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la "violence d'État qui s'est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques", a annoncé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot devant les députés.
"Nous ne nous arrêterons pas là : il ne saurait y avoir aucune impunité pour ceux qui tournent leurs fusils contre des manifestants pacifiques", a affirmé le chef de la diplomatie française, évoquant les sanctions "rapides" contre Téhéran promises par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis mardi que de nouvelles sanctions contre Téhéran allaient être "rapidement" proposées aux 27, après un bilan "effroyable" des victimes de la répression des manifestations en Iran.
The rising number of casualties in Iran is horrifying. I unequivocally condemn the excessive use of force and continued restriction of freedom.
The European Union has already listed the Islamic Revolutionary Guard Corps in its entirety under its human rights sanctions regime.…— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) January 13, 2026
"De nouvelles sanctions visant les responsables de la répression seront rapidement proposées", a-t-elle indiqué sur le réseau social X.
Le Qatar a estimé mardi qu'une confrontation entre les Etats-Unis et l'Iran serait "catastrophique" pour la région, après que le président américain a menacé d'intervenir militairement dans ce pays, en proie à la contestation.
"Nous savons que toute escalade (...) aurait des conséquences catastrophiques dans la région et au-delà, et nous voulons donc l'éviter autant que possible", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, durant une conférence de presse à Doha.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk s'est dit mardi "horrifié" par la "répression" des manifestations en Iran, qui a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG.
"Il faut cesser de tuer des manifestants pacifiques, et il est inacceptable de qualifier les manifestants de +terroristes+ pour justifier la violence à leur égard", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l'ambassade de France à Téhéran en attente d'une potentielle libération, "vont bien" malgré le mouvement contestataire inédit qui secoue l'Iran, a indiqué mardi à l'AFP leur entourage, qui "suit la situation heure par heure".
"Ils sont toujours assignés à résidence à l'ambassade. Ils sont avec les personnels essentiels (de l'ambassade) qui continuent à être très attentifs à leur égard", a déclaré Noémie Kohler, la soeur de Cécile Kohler.
"Leur sécurité est assurée", a souligné de son côté Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris. "Ils se remettent peu à peu de leur détention, mais ils sont impatients de rentrer", a-t-elle ajouté.
Les deux Français avaient été arrêtés et incarcérés en Iran en mai 2022 avant d'être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage pour Israël, en octobre dernier. Ils avaient finalement été libérés, début novembre, avec l'interdiction toutefois de quitter le pays.
L'Iran a coupé les communications par internet le 8 janvier parce que des "opérations terroristes" avaient commencé durant les manifestations, initialement liées à des revendications économiques, a affirmé mardi le chef de la diplomatie sur la chaîne Al Jazeera.
"Le gouvernement dialoguait avec les manifestants. L'internet n'a été coupé que lorsque nous avons été confrontés à des opérations terroristes et constaté que les ordres venaient de l'étranger", a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi.
Des défenseurs des droits humains ont accusé la République islamique d'avoir coupé l'internet afin de masquer la répression qui a fait selon eux des centaines, voire des milliers de morts.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé mardi que le pouvoir en Iran vit ses "derniers jours et dernières semaines", au moment où les autorités iraninennes sont accusées de réprimer dans le sang de vastes manifestations.
"Lorsqu'un régime ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence, il est de facto à bout de souffle. Je pars du principe que nous voyons là les derniers jours et semaines de ce régime", a-t-il dit au cours d'un déplacement à Bangalore, dans le sud de l'Inde, selon ses propos retransmis par la télévision allemande.
L'Espagne a convoqué mardi l'ambassadeur iranien à Madrid afin de lui exprimer son "ferme rejet et condamnation" de la répression des manifestations qui, selon des ONG, ont fait des centaines de morts en Iran, a annoncé le ministre des Affaires étrangères.
"Le droit des hommes et des femmes iraniens à manifester pacifiquement, leur liberté d'expression, doit être respecté" et les "arrestations arbitraires doivent cesser", a affirmé le ministre, Jose Manuel Albares à la radio Catalunya.
Les liaisons téléphoniques internationales, interrompues depuis vendredi, ont repris mardi avec l'Iran, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.
Le pays en proie à des manifestations reste privé d'internet depuis le 8 janvier, selon l'ONG Netblocks.
La Chine a déclaré mardi qu'elle défendrait "résolument" ses intérêts devant l'annonce par le président Donald Trump que les Etats-Unis frapperaient de droits de douane de 25% tout pays commerçant avec l'Iran, en proie à la contestation.
"Nous avons toujours pensé qu'il n'y avait pas de gagnants dans une guerre commerciale, et la Chine sauvegardera résolument ses droits et intérêts légitimes", a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, au cours d'un point presse régulier.
La répression des manifestations en Iran frappe un peuple "sans défense" qui a besoin du soutien de la communauté internationale pour "en finir" avec le pouvoir en place, a affirmé mardi réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du dernier festival de Cannes.
"Le peuple iranien est sans défense aujourd'hui et malgré tout ça, il est dans les rues", a salué le cinéaste sur la radio France Inter en dénonçant la brutalité de la répression qui a fait au moins 600 morts selon le bilan d'une organisation non gouvernementale.
⚠️ Update: It has been 108 hours since #Iran introduced a nationwide internet shutdown leaving Iranians isolated from the rest of the world and each other 📉
The rights to free speech and free assembly are inviolable and must be protected #DigitalBlackoutIranpic.twitter.com/2pfCOpf6dm— NetBlocks (@netblocks) January 13, 2026
Donald Trump, a annoncé la nuit dernière que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis, une mesure de représailles face à la répression sanglante par le régime de Téhéran des manifestations qui secouent le pays depuis plusieurs jours.
«Cette décision est définitive» et «prend effet immédiatement», a affirmé le président américain sur son réseau Truth Social.