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«L’accompagnement des victimes d'agression doit être transpartisan et apolitique», plaide Claire Geronimi, vice-présidente de l’UDR

À la suite du viol dont elle a été victime en novembre 2023, Claire Geronimi a fondé l’association Éclats de femme. [© Lionel Urman/ABACA/Reuters Connect]

Engagée politiquement aux côtés de l’UDR mais aussi associativement avec Éclats de femme, Claire Geronimi prône un accompagnement des victimes d’agression «transpartisan et apolitique».

«Venir en aide à toutes les victimes». À l’occasion de la sortie de son livre «Le hall d’entrée» (éd. Fayard), qui relate le viol qu’elle a subi en 2023 et son parcours de reconstruction, Claire Geronimi s’est confiée à CNEWS sur sa double casquette politique et associative.

En effet, à seulement 28 ans, la jeune femme est vice-présidente du parti d’Eric Ciotti, l’UDR, mais également la fondatrice de l’association Éclats de femme qui vient en aide aux victimes d’agression en les accompagnant tout au long de leur parcours sur tous les volets (psychologique, administratif, judiciaire…).

Une ambivalence qui interroge et dérange parfois, comme en témoignent les critiques reçues par Claire Geronimi lors du procès de son agresseur, un Centrafricain sous le coup de trois OQTF (obligations de quitter le territoire français), en septembre dernier.

Un combat qui appartient à tous

En effet, dans une vidéo publiée sur Instagram, la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, accusait la droite française d’instrumentaliser ce procès à des fins politiques.

«Tout à coup, on les voit s’engager en faveur des victimes dans un procès pour viol. Incroyable», y déclarait-elle avant d’ajouter : «Elles (ndlr. les femmes de droite) qui ne dénoncent jamais les violences sexuelles contre les enfants, par exemple dans les établissements catholiques ou par les curés. Tout d’un coup, les voilà qui s’affairent autour de cette histoire de viol.»

Pour Claire Geronimi, être de droite et mener le combat contre les violences faites aux femmes n’est pas incompatible. «On ne doit pas laisser le féminisme à la gauche. C’est mon objectif, c’est pour cela que je me suis aussi engagée en politique parce que je pense que la droite a aussi envie de défendre les femmes», a-t-elle confié à CNEWS.

«Dans tous les cas, le sujet des violences faites aux femmes est transpartisan. Je pense que peu importe l’origine d’une proposition de loi sur le sujet, la gauche comme la droite ne peuvent refuser de la voter», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, Claire Geronimi estime qu’il n’est pas incompatible pour elle d’être investie en politique comme dans le milieu associatif. «Je ne suis pas qu’une défenseuse des femmes, j’ai aussi mes idées politiques, c’est pour cela que j’ai rejoint l’UDR [en février 2025, NDLR] mais pour le coup je n'ai aucune couleur politique avec l'association, on n’y porte pas de message politique.»

Aider toutes les victimes sans exception

«Éclats de femme accueille toutes les victimes et toutes ces associations pseudo-féministes, néoféministes qui critiquent le fait que j’ai rejoint Éric Ciotti ne le font pas», a rappelé Claire Geronimi.

En effet, comme la jeune femme l’a confié à CNEWS, dix jours après le viol dont elle a été victime, elle est entrée en contact avec la présidente de la Fondation des femmes pour obtenir l’aide de l’association.

«Je lui ai envoyé un message. Elle l’a vu et ne m’a jamais répondu. Quand on est engagé pour les femmes, quand une victime nous contacte, on répond», a-t-elle déploré, ajoutant : «Je reçois de très nombreux messages par jour, je ne réponds pas à tout le monde mais dès que je vois une victime, je fais en sorte de lui répondre».

Une violence supplémentaire pour la jeune femme, alors âgée de 26 ans, qui a ressenti «l’abandon de la société. Une société de plus en plus individualiste, qui ne fonctionne que par l’idéologie».

«Je pense que l’accompagnement des victimes est un sujet qui doit rester transpartisan. Peu importe pour qui la victime va voter, il faut l’accompagner, la soutenir, parce que c’est une citoyenne comme une autre qui a vécu un drame», a martelé Claire Geronimi.

La présidente d’Éclats de femme a d’ailleurs tenu à souligner l’aide et le soutien qu’elle a reçus de la part de Marlène Schiappa, alors membre du gouvernement Borne. «Même si on n’a pas les mêmes idéologies politiques, elle est à mon sens toute l’incarnation d’une femme qui est une vraie féministe et qui sait soutenir les femmes victimes d’agression», a-t-elle estimé.

Un retrait progressif d’Éclats de femme

Toutefois, malgré la distinction claire qu’elle opère entre ses deux casquettes, Claire Geronimi a constaté les difficultés que son engagement politique fait parfois peser sur Éclats de femme, notamment avec le nouveau projet de l’association pour cette année 2026 de mettre en place des formations dans les entreprises.

«Éclats de femme a été lancée par moi mais a pour vocation de vivre toute seule. Pour le bien de l’association, quand je serai plus engagée politiquement, je me mettrai en retrait mais resterai conseillère», a-t-elle expliqué.

Un engagement politique approfondi qui pourrait passer par les municipales de mars prochain, bien que «rien ne soit encore défini à ce stade», a tempéré Claire Geronimi.

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