Dans une interview accordée au Nouvel Obs, le chef des députés socialistes Boris Vallaud, s'est opposé samedi au projet d'une primaire à gauche pour la présidentielle de 2027.
«Je suis favorable au rassemblement le plus large de la gauche face à la menace de l'extrême droite. C'est ma conviction et c'est ce que demandent nos électeurs. Mais on le voit bien, la primaire, telle qu'elle se dessine, n'est pas suffisante», a déclaré Boris Vallaud ce samedi au Nouvel Obs.
Le chef des députés socialiste qui occupe une place centrale au sein du parti, propose donc «un autre chemin» pour construire «une coalition la plus large qui soit». «Avec d'autres, venus de toute la gauche, nous y travaillons», a-t-il indiqué, ajoutant que ce processus devait démarrer après la désignation d'un candidat du Parti socialiste, tout en incluant Raphaël Glucksmann mais pas La France insoumise.
Olivier Faure avait participé le 24 janvier à Tours au lancement de cette primaire qui doit désigner un candidat issu du PS, des Ecologistes et des anciens insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin.
Mais il s'y était rendu sans mandat du parti qui ne s'est pas encore prononcé sur cette primaire que ses promoteurs entendent tenir le 11 octobre prochain. Elle n'inclura pas les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon et le parti Place Publique de Raphaël Glucksmann, les deux hommes actuellement les mieux placés dans les sondages à gauche.
Jérôme Guedj «légitime»
Boris Vallaud entend donc lutter pour «une coalition unie autour d'un projet de gauche à vocation majoritaire dans le pays».
«Il y a un préalable à tout ça : la désignation d'un candidat du Parti socialiste. Je ne laisserai personne priver les militants d'un choix qui leur revient. Le candidat des socialistes s'engagera ensuite dans cette coalition, cela nous donnera la force nécessaire pour la suite», a-t-il ajouté. La coalition «de François Ruffin à Raphaël Glucksmann», dit-il, «inventera ensuite son processus pour choisir son candidat».
Les déclarations de Boris Vallaud accroissent encore les doutes sur cette primaire défendue avec ardeur par la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier et l'ex-candidate de la gauche pour Matignon Lucie Castets. Marine Tondelier est déjà candidate à cette primaire tout comme Clémentine Autain et François Ruffin.
Boris Vallaud n'a pas voulu dire s'il souhaitait être candidat dans le cadre de la coalition qu'il souhaite voir émerger. «Je vais m'appliquer ce que je souhaite pour cette coalition : commencer par le fond et les idées», a-t-il assuré, précisant que «la gauche est orpheline d'une idée forte». Il a également jugé «légitime» la candidature du député Jérôme Guedj.