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Municipales à Paris : que proposent les candidats pour l’accès au logement dans la capitale ?

L'accès au logement est une des priorités des électeurs parisiens. [Martin LELIEVRE / AFP]

A un mois du premier tour des élections municipales, tous les candidats à la mairie de Paris ont exposé leurs propositions en matière de logement. Si le constat est partagé, les mesures pour répondre à cette priorité dans la capitale sont drastiquement opposées. 

C’est l’un des sujets qui revient le plus souvent dans cette campagne. Au-delà des désaccords, l’ensemble des candidats à la mairie de Paris partagent le constat de la difficulté de se loger dans la capitale. 

Face à une offre souvent trop faible par rapport à la demande, certains proposent notamment de renforcer l’accessibilité dans les logements sociaux, tandis que d’autres prévoient une politique plus incitative pour les propriétaires.

Le maire dispose d’un rôle important dans l’attribution des logements sociaux. Doté d’un pouvoir de police municipale, il peut prendre des arrêtés en cas de logement insalubre. Il dispose également de la possibilité d’ordonner des travaux ou l’évacuation d’un immeuble. 

Depuis le 1er juillet 2019, à la demande de la Ville de Paris, l’encadrement des loyers est mis en place. Ce dispositif permet de limiter l'augmentation des loyers des logements du parc privé.

Pierre-Yves Bournazel (horizons-renaissance)

Lors de la présentation de son programme, le candidat Horizons-Renaissance a proposé «un pacte de confiance» aux électeurs parisiens. Son objectif étant de «reconquérir 60.000 logements» dans la capitale, en remettant des biens vacants ou saisonniers sur le marché. 

A l’occasion de son meeting au Cirque d’Hiver, le 10 février dernier, Pierre-Yves Bournazel a pris l’engagement de «réaliser, en dix ans, l’ensemble de la rénovation thermique de tout le parc parisien». 

L’élu du 18e arrondissement entend également «inciter les propriétaires à louer leurs biens. En cas d’élection le 22 mars, il proposera un «pack 100% garanties» des loyers et des cautions. La location touristique serait limitée à 30 jours par an, contre 90 actuellement, pour «revenir à l'esprit initial d'Airbnb».

Il promet aussi la création de trois nouveaux quartiers étudiants, avec 7.000 logements supplémentaires dédiés. Mais aussi de prioriser l’accès aux logements sociaux aux «personnes qui travaillent pour la Ville de Paris», citant notamment «les aides-soignants, les policiers, les infirmières», ou encore «les professeurs».

Sophia Chikirou (LFI)

En cas de victoire le 22 mars prochain, la première mesure de Sophia Chikirou en tant que maire de Paris concernera le logement. «Le premier texte que nous ferons adopter déclarera l'état d'urgence dans le logement à Paris, car 10.000 personnes à la rue, c'est un état d'urgence», a-t-elle proposé le 30 janvier dernier. 

La candidate LFI a exprimé son souhait de «baisser les loyers» des Parisiens. Dénonçant un Paris «devenu un îlot où seuls les plus riches peuvent se loger», la députée souhaite mettre en place une «brigade du droit au logement» avec un «triplement des agents». Celle-ci aurait pour mission «d'identifier les 25.000 annonces Airbnb illégales» et de «saisir la justice sur chacun des logements concernés pour les remettre sur le marché locatif», ou encore de «contrôler le respect strict de l'encadrement des loyers». 

Dans son programme, Sophia Chikirou entend renforcer l’accessibilité dans les logements sociaux «gérés par les bailleurs sociaux parisiens», afin d’atteindre l’objectif de 70% de logements accessibles à horizon 2032. 

Une mesure qui viserait à inciter les bailleurs privés «à augmenter l’accessibilité de leurs logements via une exonération totale des frais de gestion de la Régie publique de gestion locative pour une durée de 3 ans, et une exonération partielle de 50 % au-delà».

Rachida Dati (LR-Modem)

Dans son programme, la candidate des Républicains et du MoDem promet de faire de la rénovation thermique du parc parisien «le chantier du siècle». Rachida Dati propose, comme Pierre-Yves Bournazel, de réserver davantage de logements sociaux aux agents de la Ville de Paris «qui travaillent en première ligne» au «service de la capitale». «Je veux que les personnels des crèches deviennent prioritaires pour l’accès au logement social», a-t-elle déclaré. 

Défendant un parc social «digne», aux prix abordables pour les familles, l’actuelle maire du 7e arrondissement considère, dans son programme, que «le logement social doit redevenir un outil de justice et d’efficacité, pas un système figé». Dans cette optique, Rachida Dati prévoit de demander aux bailleurs sociaux de vérifier régulièrement les ressources et la composition des foyers, afin de «mettre fin aux abus». 

Elle prévoit également d’appliquer «la tolérance zéro» face «aux fauteurs de trouble et aux délinquants qui logent dans le parc social», en mettant en place des expulsions. 

Si elle est élue, elle limitera «drastiquement» la préemption d'immeubles pour les transformer en logements sociaux, ce qui permettrait, selon elle, de dégager «100 millions d'euros par an pour un grand plan de rénovation du parc social». 

Rachida Dati n'entend pas aller au-delà des 25% de logements sociaux, objectif fixé par la loi SRU, aujourd'hui atteint sur l'ensemble de la capitale malgré un net déséquilibre entre les arrondissements de l'est et de l'ouest.

Emmanuel Grégoire (gauche unie)

Le candidat de la gauche unie, hors LFI, a promis un «choc d'offre» et une meilleure régulation des «excès du marché». Devant plusieurs associations et collectifs réunis à l'Armée du Salut Emmanuel Grégoire a expliqué comment il souhaitait augmenter «significativement» l'offre de logements disponibles dans la capitale, où se loger «est devenu un parcours du combattant». 

Il promet ainsi la création de 60.000 nouveaux logements publics, dont 30.000 sociaux et 30.000 abordables, jusqu'à 25% moins chers que les prix du marché. Parmi eux, 1.000 logements sociaux par an destinés aux étudiants et jeunes travailleurs, et 1.000 logements en Bail réel solidaire (BRS), un mécanisme qui permet l'accession sociale à la propriété en dissociant le foncier et le bâti. 

S'il est élu en mars à l'Hôtel de ville, le député socialiste créera une «brigade de protection du logement» chargée de lutter contre «les dizaines de milliers de meublés touristiques illégaux», en particulier les «Airbnb permanents». 

Cette brigade veillera également au respect de l'encadrement des loyers, comme le fait déjà la ville de Paris. Le candidat de gauche s'engage également à rénover 200.000 logements sociaux et privés sur la mandature, en particulier par l'isolation des toits et la pose de volets.

Sarah Knafo (reconquête)

A l'opposé d’autres candidats, Sarah Knafo propose de supprimer l’encadrement des loyers. «C’est une des nouvelles lubies des gauches ces dernières années», écrit-elle dans son programme. 

Fustigeant une «course au logement social», l’eurodéputée entend, en cas d’élection, mettre fin au «tout logement social», par la mise en place d’un plan d’accession à la propriété pour les classes moyennes. Une mesure qui passe par «la vente des logements sociaux» en donnant la priorité à ceux qui les occupent, en les exonérant notamment des «frais de notaire». Sarah Knafo prévoit d’attribuer aussi les logements sociaux par le biais d’une application en ligne. 

Comme Rachida Dati, la députée européenne entend engager des procédures systématiques d'expulsion du parc social en cas «d’impayés de loyers répétés», de «troubles de voisinage graves ou comportements portant atteinte à la sécurité et à la tranquillité des résidents» mais aussi en cas de «trafic de stupéfiants dans ou aux abords du logement». 

Enfin, Sarah Knafo propose la création d’une résidence étudiante pour les meilleurs élèves, venus de toute la France, afin de les aider à intégrer les grandes écoles. Une mesure qui concerne également les apprentis, et qui serait financer par des grandes écoles.

Thierry Mariani (rn)

Dans son programme, le candidat du Rassemblement national prévoit l’instauration de la priorité nationale dans l’accès au logement social et y favoriser les familles et les travailleurs. Une mesure applicable en cas de victoire de son parti en 2027 et de l’adoption d’une loi. 

Défendant «l’ordre dans les logements sociaux», Thierry Mariani promet une mobilisation accrue de la police municipale. Mais aussi la signature d’une convention permettant l’expulsion rapide des délinquants et des trafiquants, la lutte contre les squats, la protection des halls, parkings et espaces communs. 

En cas d’élection, l’eurodéputé supprimera également l’encadrement des loyers mais installera aussi un moratoire sur le sur-logement social. Il entend par ailleurs réduire à 60 nuits par an, contre 90 aujourd’hui, le nombre maximal de locations touristiques saisonnières. 

Déterminé à assurer la rénovation du parc social et privé, Thierry Mariani propose la mise en place d’une «incitation au déménagement approprié, destiné aux locataires acceptant un logement mieux adapté à leur situation, adjointe d’une diminution de loyer».

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