Dans un contexte de tensions diplomatiques profondes entre l’Algérie et la France, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rend ce lundi 16 février à Alger. La coopération sécuritaire et migratoire est au cœur de ce déplacement.
Une rencontre pour réchauffer les relations diplomatiques. Laurent Nuñez est attendu dès ce lundi 16 février à Alger afin de rencontrer son homologue algérien Saïd Sayoud et évoquer de nombreux sujets épineux dans un contexte de tensions entre la France et l’Algérie. Ce déplacement doit durer deux jours.
En effet, la relation entre les deux pays s'était fortement dégradée depuis l'été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire disputé par l'Algérie.
Les tensions franco-algériennes se sont multipliées depuis deux ans, entre l'enlèvement d'un influenceur algérien opposant au régime d'Abdelmadjid Tebboune en avril 2024, la mise en examen d'un agent consulaire algérien en avril 2025 ou encore l'expulsion de douze agents de l'ambassade française à Alger quelques jours plus tard...
Le 12 février dernier, Laurent Nuñez avait indiqué que son déplacement avait pour but de «parler de questions de sécurité, notamment la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic…»
Ainsi, les deux ministres devraient donc évoquer des dossiers brûlants, à commencer par l'admission des ressortissants algériens sous OQTF, le renseignement en matière de lutte contre le terrorisme ou encore les demandes d'extradition formulées à la France par l'Algérie.
Christophe Gleizes au centre des discussions
Le cas du journaliste français Christophe Gleizes emprisonné en Algérie depuis le 18 mai 2024 et condamné en juin 2025 à sept ans d'emprisonnement sera également au cœur des discussions, la France souhaitant le retour de son ressortissant.
Le dernier déplacement d'un ministre de l'Intérieur en Algérie remontait à fin 2022 et la visite de Gérald Darmanin. Son successeur Bruno Retailleau avait cristallisé les crispations, tentant régulièrement d'aller au bras de fer, notamment autour de la libération de l'écrivain Boualem Sansal, incarcéré pendant près d'un an pour certaines prises de position sur son pays natal.
De son côté, l'ancienne ministre socialiste Ségolène Royal s'était rendue fin janvier en Algérie, où elle avait été reçue par le président Tebboune et avait obtenu l'autorisation de rendre visite à Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme».
Ségolène Royal s'était posée en médiatrice lors de cette visite, initiée à titre personnel en tant que présidente de l'Association France-Algérie. Elle était venue plaider pour une «reconstruction de l'amitié entre la France et l'Algérie».