A compter de ce mercredi 18 février, Chrétiens et Musulmans fêteront respectivement le Carême et le mois sacré du Ramadan. Deux célébrations qui surviennent à deux semaines de la fête juive de Pourim. Dans ce contexte, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé les préfets à la plus grande vigilance.
Trois fêtes religieuses différentes, mêmes consignes appliquées. La journée du mercredi 18 février semble importante pour les Chrétiens et les Musulmans. En effet, pour les personnes de confession chrétienne, cette date marque le début du Carême. Cette célébration constitue la période de quarante-six jours située entre le Mardi Gras et le jour de Pâques.
Du côté des Musulmans, la journée du mercredi 18 février marque en effet le début du mois du Ramadan. Cette date a été confirmée par la Grande Mosquée de Paris ce mardi à l’issue de la Nuit du Doute.
Quoi qu’il en soit, le Ramadan est une période sacrée pour les personnes de confession musulmane puisque les fidèles doivent s’abstenir de boire, de manger, de fumer et d’avoir des relations sexuelles de l’aube à la tombée de la nuit. Durant trente jours, les croyants doivent jeûner et se rendre tous les soirs, s’ils le peuvent, à la mosquée pour célébrer la prière surérogatoire de Tarawih, un terme qui signifie «repos» ou «relâchement» en français.
Puis, deux semaines après le début des fêtes chrétienne et musulmane, les Juifs célébreront, eux, Pourim, qui commémore le salut miraculeux du peuple juif dans l’ancien Empire perse. Célébrée par des lectures de la Méguila, des cadeaux de nourritures, un festin de réjouissance et des dons charitables, la fête de Pourim doit se commencer lundi 2 mars et durer jusqu’à la fin de la journée du mardi 3 mars.
Ainsi, et en raison des fêtes religieuses qui se tiennent presque sur la même période, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé les préfets à l’extrême vigilance, à l’heure où «le niveau élevé de la menace terroriste continue de peser sur notre pays».
De plus, l’augmentation des actes anti-religieux pousse les autorités à craindre des rassemblements importants de personnes sur la voie publique ou des faits d’atteintes aux personnes. En effet, en 2025, 1.320 faits antisémites, 843 actes antichrétiens et 326 actes antimusulmans ont été recensés dans l’Hexagone. Des chiffres en hausse qui se sont, parfois, traduits par des agressions physiques, verbales ou de haine en ligne.
Contrôle visuel des flux entrants
De ce fait, pour le culte catholique, Laurent Nuñez a appelé les préfets à mobiliser les forces de l’ordre «afin qu’elles prennent l'attache des responsables des sites pour procéder en lien avec les maires et leurs polices municipales, à une évaluation de la situation», et ce compte tenu des Municipales de mars et des manifestations prévues dans les lieux de culte ou sur la voie publique durant la période du Carême.
Par conséquent, Laurent Nuñez a estimé que cette prise de contact est nécessaire afin d’«adapter les conseils de vigilance et de sécurité aux circonstances» et à la fréquentation attendue dans les lieux de culte chrétiens. Le ministre a également appelé au «contrôle visuel des flux entrants aux fins de détection d’individus suspects» et une «attention particulière portée aux véhicules en stationnement à proximité des lieux de rassemblements ou de culte».
De plus, des agents de police nationale et de police municipale devraient être mobilisés «aux heures d’arrivée et de départ des fidèles lors des rassemblements et offices». Dans les lieux les plus sensibles ou emblématiques, des moyens supplémentaires devront être mobilisés «en coordination, le cas échéant, avec les militaires de l’opération "Sentinelle"».
Une attention particulière pour la Nuit du Destin et l'Aïd Al-Fitr
Concernant le culte musulman, et outre l’entièreté du mois du Ramadan, le ministre de l’Intérieur a appelé à prêter une attention particulière et soutenue à deux événements. Premièrement, il s’agit de la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr). Cette nuit devrait avoir lieu dans la nuit du 15 mars prochain. «Selon la tradition islamique, elle se situe dans l’une des nuits impaires des dix derniers jours du Ramadan», a expliqué le ministre dans son télégramme. Cette nuit se traduit par une affluence importante de fidèles, ces derniers pouvant prier jusqu’à l’aube.
Deuxièmement, c’est la journée de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du Ramadan. Celle-ci devrait avoir lieu autour du 20 mars. D'autant plus que l’Aïd al-Fitr est marqué, ces dernières années, par une forte affluence. Par conséquent, le ministre a appelé les préfets à «faciliter, partout où cela s’avèrerait encore nécessaire, le dialogue entre les association culturelles et les collectivités territoriales afin de favoriser la mise à disposition de salles pour répondre convenablement à l’afflux particulier de fidèles durant ce mois».
Par ailleurs, Laurent Nuńez a conseillé également aux préfets de prêter une vigilance renforcée, durant tout le mois de Ramadan, notamment «lors de la prière du vendredi, ainsi qu’après la dernière prière de la journée (al-Icha)», et ce «en raison de l’affluence importante liée aux prières surérogatoires de Tarawih». La même consigne est appliquée «aux célébrations de rupture du jeûne (iftar) organisées dans les lieux de culte».
Des patrouilles et des fonctionnaires de police mobilisés devant les lieux de culte juifs
Enfin, pour la fête juive de Pourim, les synagogues vont accueillir un public nombreux pendant les offices mais également tout au long de la journée du 3 mars 2026 «dans le cadre de la lecture de textes religieux». «Des fêtes seront par ailleurs organisées en l’honneur des enfants, dans les synagogues et parfois dans les autres lieux communautaires», peut-on lire dans le document.
Ce faisant, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de mobiliser les forces de l’ordre afin qu’elles «prennent l’attache des responsables des sites» et «procéder à une évaluation de la situation». De plus, en fonction des niveaux de risque évalués par les services de renseignement territoriaux, le dispositif de surveillance pourrait être adapté.
Les mêmes consignes de sécurité que celles appliquées pour le culte catholique devraient être mises en place, à savoir la «présence visible et renforcée des forces de sécurité en particulier aux heures d’arrivée et de départ des fidèles», ainsi que des patrouilles de police durant les rassemblements. S’ajoutent à cela la mobilisation de la police municipale et le déploiement, en cas de besoin, des militaires de l’opération «Sentinelle».