Après avoir mis en place, le 12 mars dernier, un plafonnement des prix à la pompe dans ses stations essence, TotalEnergies a annoncé ce jeudi le prolongement de la mesure «tant que la crise au Moyen-Orient durera».
Alors que la France connaît une flambée des prix des carburants depuis le blocage du détroit d’Ormuz, consécutif à la guerre menée par Israël et les États-Unis au Moyen-Orient, plusieurs distributeurs ont mis en place des mesures de plafonnement des prix en faveur des consommateurs. C'est le cas de TotalEnergies, qui a annoncé le 12 mars le blocage des prix des carburants à 1,99 euro le litre, dans toutes ses stations.
Face au prolongement du conflit, le groupe a annoncé ce jeudi le prolongement de cette mesure de plafonnement des prix, en conservant toutefois le prix du gazole à 2,25 euros le litre. Selon TotalEnergies, cette mesure, qui devait initialement prendre fin ce jour, sera prolongée «tant que la crise au Moyen-Orient durera». Cette mesure s'applique dans les 3.300 stations TotalEnergies du territoire métropolitain.
Avant cette mesure, les écarts de prix étaient devenus considérables entre les stations : dans certaines, le litre de gasoil pouvait atteindre 2,80, voire 2,90 euros, contre 1,99 euro pour l’essence et 2,09 euros pour le diesel dans les stations plafonnées. Une différence qui peut représenter plusieurs dizaines d’euros d’économies sur un plein.
Des prix records
Avec cette récente flambée, le prix du gasoil n’avait pas été aussi cher en France depuis 1985. Le prix moyen du litre avait atteint 2,1888 euros, selon les chiffres officiels arrêtés à la fin du mois de mars et publiés par le site gouvernemental du suivi des prix pétroliers.
Des prix bien supérieurs à ce que nous avions connu lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. À cette époque, nous avions déjà atteint un record, le 11 mars 2022, avec 2,1407 euros le litre en moyenne, suivi du 17 juin 2022, à 2,1345 euros.
Face à cette situation, les Français s’inquiètent légitimement. D’autant qu’en dépit des recettes fiscales supplémentaires enregistrées par l’Etat liées à la hausse du prix, le gouvernement n’entend pas mettre en place de mesure généralisée de blocage des prix, seulement des mesures ciblées.
«Je ne sais pas combien de temps la crise va durer»
«Ces recettes supplémentaires sont très inférieures au coût de la crise pour les finances publiques» et «se comptent en millions, là où le coût de la crise se chiffre en milliards d’euros», justifiait le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, le 3 avril sur Franceinfo.
Sébastien Lecornu a estimé ce jeudi que l'annonce de TotalEnergies, allait «dans le bon sens». «Est-ce que c'est suffisant ? Je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas combien de temps la crise va durer», a ajouté le Premier ministre, soulignant que «tous les scénarios» étaient en train d'être préparés, «y compris le fait que malheureusement ça puisse durer».