Ce jeudi, S&P Global a publié son baromètre mensuel de l’indice PMI en France. L'activité économique du secteur privé en France s’est dégradée au rythme le plus rapide en 14 mois. Il recule de 1,2 point par rapport au mois précédent pour atteindre 47,6 en avril.
Pourquoi l’activité économique du secteur privé français a-t-elle autant reculé ? Référence incontournable pour les investisseurs, les banques et les entreprises, S&P Global a publié son rapport mensuel de l’activité économique du secteur privé en France. Les résultats sont sans appel : l’économie s’est contractée à son niveau le plus rapide depuis 14 mois. Toujours sous le seuil des 50 points, le PMI a de nouveau reculé en avril, atteignant 47,6 contre 48,8 en mars. Le rapport a pointé le secteur privé français comme principal responsable.
Le PMI, c'est quoi ?
Le PMI est un indicateur de la performance économique d’un pays, interprété comme un indicateur de la santé mondiale. Il est calculé d’après des enquêtes mensuelles auprès de dirigeants d'entreprises dans 45 économies et 30 secteurs. Le score est compris entre 0 et 100. Selon S&P Global, un indice PMI supérieur à 50 représente une expansion économique, tandis qu’un indice inférieur à 50 représente une contraction par rapport au mois précédent. Dans notre cas, 47,7 étant inférieur à 50 traduit une baisse de l’activité économique. En comparant le résultat d’avril à celui du mois précédent (48,8 en mars), l’indice montre une accélération de la contraction.
Secteur tertiaire et inflation
Dans son rapport publié ce jeudi, S&P Global a accusé le secteur des services d'être responsable en parti de cette accélération de la contraction économique. Le climat d'incertitude a «incité ménages et entreprises à une plus grande prudence en matière de dépenses, ce qui a entraîné une baisse du niveau d’activité de l'ensemble du secteur privé», a souligné Joe Hayes, chef économiste à S&P Global Market Intelligence. Le secteur des services est de loin le plus important dans l’économie française, c’est donc le premier touché par la baisse des dépenses. Le PMI flash de l’activité des services a ainsi reculé à 46,5 en avril, contre 48,8 en mars.
La guerre bouleverse les stratégies d'approvisionnements
Les pressions sur les coûts des entreprises ont également participé à cette contraction de l’activité économique. L’inflation des prix a atteint son plus haut niveau depuis trois ans. Même si la répercussion de cette hausse des coûts sur les prix facturés a été «relativement limitée» elle n’en reste pas moins significative. Les entreprises manufacturières ont été en première ligne en pâtissant des hausses de dépenses. Le contexte économique et géopolitique actuel a entraîné une dégradation de la confiance, les entreprises font face à des incertitudes, les investisseurs deviennent de plus en plus méfiants et les carnets de commandes ont baissé.
Sans surprise, la guerre au Moyen-Orient a influencé ces résultats. Les stratégies d’approvisionnements des entreprises ont dû être modifiées avec le blocage du détroit d’Ormuz entraînant des coûts supplémentaires. L’indice PMI de la zone euro recule et passe pour la première fois depuis 16 mois sous la barre des cinquante. De 50,7 points en mars, il atteint 48,6 en avril, une baisse marquée par les tensions liées à l’énergie au Moyen-Orient. «Le conflit a entraîné (…) une forte poussée de l’inflation. Des pénuries d'approvisionnement de plus en plus répandues menacent par ailleurs de freiner davantage la croissance tout en accentuant les pressions haussières sur les prix dans les semaines à venir», alerte Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global. Ces effets européens se répercutent donc sur l’économie française.