Le nombre d’agents pénitentiaires condamnés pour «remises d’objets illicites à un détenu» a augmenté ces dernières années au sein des prisons françaises. Un phénomène marginal, mais qui inquiète avec la montée en puissance du narcotrafic.
Une différence de revenus qui complique les choses. Stupéfiants, cigarettes ou encore téléphones, ces objets qui fleurissent dans le milieu carcéral sont parfois introduits directement en prison par les agents pénitentiaires.
Selon le ministère de la Justice, le nombre de personnels condamnés pour «remises d'objets illicites à un détenu» est passé de 22 en 2021 à 25 en 2023. L'administration pénitentiaire compte plus de 4.000 agents.
«Pour eux, les surveillants sont des cibles faciles»
Le phénomène est marginal mais inquiète avec la montée en puissance du narcotrafic : «Les trafiquants de stupéfiants sont, pour beaucoup, des millionnaires. Ils ont énormément d'argent. Ils savent qu'ils ont face à eux des surveillants qui gagnent leur vie assez correctement mais qui ne sont pas très bien payés. Pour eux, les surveillants sont des cibles faciles», a expliqué le journaliste Frédéric Ploquin, auteur du livre «Journal d'un maton» à CNEWS.
Selon le spécialiste, le phénomène n'est pas nouveau mais les autorités sont plus regardantes sur les agissements des personnels pénitentiaires qu'auparavant : «La hausse des cas de corruption dans les prisons n'est pas forcément le reflet de la corruption réelle. Cette hausse est liée au fait qu'on a cessé de mettre le couvercle sur ces faits et on a commencé à les regarder de plus près», a-t-il ajouté.
Pour mieux lutter contre la corruption. L'inspection générale des agents pénitentiaires a été créée depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle est chargée de contrôler les personnels pénitentiaires.