La messagerie sécurisée Tchap, utilisée par l’ensemble des agents publics en France, a été la cible d’un incident de sécurité ayant entraîné une fuite de données. Selon la Direction interministérielle du numérique, la compromission a été rapidement contenue.
Une intrusion rapidement détectée et maîtrisée. Tchap, la messagerie instantanée chiffrée utilisée par les agents publics, a été victime d'un «incident de sécurité» a annoncé ce lundi 8 juin dans un communiqué la Direction interministérielle du numérique (Dinum). D’après ce dernier, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) aurait détecté cette cyberattaque «à la suite d'une usurpation de compte».
Selon les éléments communiqués, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a «été identifié» ce dimanche puis «immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant».
La Dinum assure par ailleurs que cette intervention a permis de contenir la fuite de données et de limiter l’impact de la compromission. «Même dans le cas d'une usurpation de compte, l'historique des conversations privées et chiffrées n'est pas accessible» et «les échanges susceptibles d'avoir été consultés se limitent donc au contenu des conversations publiques», a-t-elle expliqué.
Des données revendiquées sur le dark web
Toutefois, la Dinum qui a notifié l'incident à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), n'indique pas, à ce stade, combien de comptes ont été compromis.
De son côté, le site spécialisé FrenchBreaches évoque des revendications publiées sur le dark web faisant état d’un volume important de données compromises. Selon ce dernier, plus de 643.000 messages échangés par 73.000 agents au sein de 976 salons de discussion auraient été exposés.
Une situation d’autant plus sensible que Tchap a été largement déployée par l’État pour sécuriser les échanges des agents publics. Le gouvernement avait généralisé en septembre 2025 l'utilisation de Tchap afin de faire face au «risque croissant d'interception de leurs communications» et de cyberattaques. Il avait alors évoqué les potentielles failles de sécurité existantes sur les applications grand public, telles que Whatsapp ou Telegram.