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Viols, violences et polygamie : un homme jugé devant la cour criminelle du Pas-de-Calais ce lundi

L'homme de 45 ans est visé pour viols et violences sur sa compagne et des faits de maltraitance visants leurs enfants ainsi que deux autres femmes vivant sous son toit. [© Valentine CHAPUIS / AFP]

Ce lundi 8 juin, un homme de 45 ans est jugé pour viols et violences sur sa compagne et faits de maltraitance sur ses enfants. Le procès se tient devant la cour criminelle du Pas-de-Calais. 

Un procès de grande ampleur. A partir de ce lundi 8 juin, un quadragénaire est jugé par la cour criminelle du Pas-de-Calais pour viol sur sa compagne, et des violences sur elle ainsi que sur leurs enfants et deux autres femmes. Tout avait commencé le 22 novembre 2022, lorsqu'une femme avait déposé plainte contre son compagnon, Jérôme P, 45 ans.  

La victime décrivait un climat d'emprise et de peur. Ils ont trois enfants, âgés de 5, 13 et 22 ans au moment de la plainte. Deux autres femmes vivaient avec eux, également compagnes de l'accusé selon la plaignante, arrivées au domicile au début des années 2000. Fabienne Roy-Nansion, avocate de la plaignante, a déclaré à l'AFP que sa cliente «a vécu l'enfer, c'est une femme brisée.»

«Il avait un harem. Il était le chef, il est soit dans son lit, soit dans son fauteuil», a-t-elle ajouté. Selon sa compagne, depuis plusieurs années l'accusé surveillait les moindres faits et gestes de ses concubines. 

Dans la maison, des caméras de surveillance avaient été placées dans plusieurs pièces, dont la chambre, et à l'extérieur un logiciel de géolocalisation permettait de tracer leurs téléphones. «C'est monsieur Apple, ironise Me Roy-Nansion.»

115.000 EUROS DE MATÉRIEL INFORMATIQUE ET DE CAMÉRAS

«En quelques années, il aura dépensé 115.000 euros de matériel informatique et de caméras. Il dort de 7h à 15h, et quand il se lève à 15h, il regarde ce que font les uns et les autres. Quand quelque chose ne lui plait pas, il frappe» a-t-elle ajouté. Selon des éléments de l'instruction, l'accusé aurait cassé le nez de ses deux autres compagnes. Il est en détention provisoire depuis fin 2022.

La victime assure que les trois compagnes de Jérôme P. étaient privées de vie sociale, n'avaient que rarement le droit de travailler et n'avaient pas accès librement à leurs cartes bancaires, conservées dans une boîte fermée à clé. 

Elle a assuré également aux gendarmes avoir été soumise, depuis 2017, à plusieurs viols, dont des sodomies et des relations sexuelles forcées avec l'une des autres compagnes du quadragénaire, sous les yeux de ce dernier. Elle assure également avoir été forcée à des relations sexuelles avec leur chien.

L'homme de 45 ans dénonce un «complot»

La fille de la plaignante a notamment qualifié lors de son audition la famille de «secte.» Cependant, les deux plus jeunes enfants de la femme avec Jérôme P. contestent les faits. 

Lors de l'instruction, ces deux femmes ont assuré que l'une d'entre elles s'était mise en couple avec le quadragénaire après sa séparation avec la plaignante, l'autre femme affirme être une amie hébergée par l'accusé.

Plusieurs proches de Jérôme P. ont assuré que le départ de la plaignante du foyer était causé par un manque d'argent. L'accusé s'est dit victime d'un «complot.» L'enquête a établi que la polygamie et la violence étaient courantes parmi les hommes de la famille du mis en cause. 

L'un des frères de Jérôme P. est également en détention provisoire après la plainte de l'une de ses compagnes.

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