Le procès du député insoumis Sébastien Delogu, qui devait se tenir ce mardi à Marseille, a été renvoyé au 21 octobre, sur demande de l'élu. Il est poursuivi pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.
L'insoumis Sébastien Delogu sera-t-il condamné à une peine d'inéligibilité ? Alors que son procès devait se tenir ce mardi, le député des Bouches-du-Rhône ne s'est pas présenté à l'audience au tribunal correctionnel de Marseille.
Son avocat, Me Yones Taguelmint, a plaidé le manque de temps, d'autant que depuis qu'il a reçu la convocation en mai, «plusieurs procédures en parallèle sont intervenues concernant Sébastien Delogu». Considérant le retard de courrier dans ce dossier, le tribunal a jugé «légitime» la demande de renvoi, au 21 octobre.
En effet, fin mai, le député aux positions ouvertement propalestiniennes a porté plainte contre un homme pour l'avoir insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Me Yones Taguelmint a assuré qu'il n'y avait «pas de manoeuvre dans cette demande. On aurait pu invoquer l'immunité parlementaire», a encore plaidé l'avocat, assurant de la volonté de Sébastien Delogu d'assister à son procès.
5 ans de prison et 750.000 euros d'amende encourus
Accusé de recel de biens provenant d'un vol, et divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne, et atteinte au secret des correspondances, Sébastien Delogu encourt cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende, et une peine complémentaire d'inéligibilité.
Les faits remontent au 19 septembre 2024, en plein conflit social dans la société Laser Propreté, en charge du nettoyage de la gare Saint-Charles et du réseau de transports marseillais. Le dirigeant de la société, Isidore Aragones, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, a vu s'introduire dans son bureau des représentants du personnel et des salariés, se plaignant notamment de ne pas percevoir l'intégralité de leurs salaires.
des documents volés dans les mains du député
Après le départ des contestataires, Isidore Aragones s'est rendu compte qu'une pochette lui avait été volée. À l'intérieur se trouvait : son passeport et celui de son épouse, un devis pour un voyage à l'étranger, et d'autres documents privés.
Cinq jours plus tard, Sébastien Delogu, qui soutenait les grévistes de Laser Propreté, a diffusé sur son compte Instagram «une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’État d'Israël, ainsi que ses projets financiers personnels», selon le parquet.
Dans ses messages sur les réseaux sociaux, le député LFI ironisait sur le coût des voyages de Isidore Aragones au Brésil et en Israël et des travaux prévus dans une résidence secondaire, évoquant aussi le soutien de l'ex-avocat à l'armée israélienne.
Sur le plateau de l'Heure des Pros en janvier dernier, Isidore Aragones était venu raconter cette histoire, tout en critiquant vivement les agissements de Sébastien Delogu : «Sa haine n’a d’égal que sa bêtise», avait-il clamé.
Ce n'est pas la première fois que Sébastien Delogu fait face à la justice française. En 2025, le député phocéen avait été condamné à 5.000 euros d'amende pour des faits de «violences aggravées».