Été 2017 : 5 friches à découvrir à Paris

De la verdure, de la convivialité et des festivités à la friche de la Halle Papin. Rien de tel pour apprécier son été. [©Luc de Lagontrie]

Les grands espaces en plein air mêlant festivités, événements artistiques et convivialité se multiplient dans la capitale et sa région. Visite guidée des meilleurs spots de la saison.

Les immeubles abandonnés, usines désaffectées et hangars délaissés, pris d’assaut par des collectifs d’artistes, des associations ou tout simplement des habitants en quête d’espace, ont toujours existé. Dans les années 1970 et 1980 on les appelait  «squat», désormais on préfère le terme de «friche». C’est plus chic. Et pour cause, ces nouveaux lieux de vie n’ont plus rien des repaires insalubres pour marginaux. Minutieusement organisées, en accord avec les propriétaires et les pouvoirs publics, les friches sont devenues de véritables laboratoires urbains. Des lieux festifs et créatifs où il fait bon passer l’été.

La plus ensoleillée : Ground Control

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Les journées sont longues à Ground Control, entre street food et apéro. ©Georges.

Nul besoin de prendre le train pour se sentir en vacances. Pour sa 4e édition, le bar éphémère festif et culturel Ground Control a de nouveau pris ses quartiers dans un espace SNCF Immobilier, une ancienne gare de tri postal, à deux pas de la gare de Lyon. La terrasse de 1.500 mètres carrés accueille les parisiens depuis la mi-mai. Au programme : bronzette dans le solarium, atelier jardinage dans le potager, DJ sets, cocktails dans les bars thématiques, et bonne chère dans le Big Food Truc(k), un ancien bus de la RATP aménagé en espace de restauration par les équipes bricolos de Ground Control.

On y trouve le meilleur de la street food parisienne, comme les plats norvégiens à la truite fumée de ROK by Woodmen, les sandwichs et salades du traiteur italien Peppa Porchetta, les crêpes bretonnes de Rozell and Co, les hamburgers de Paris New York, les grillades marinées de The Asado Club, et enfin les pâtisseries anglaises du coffee shop Ten Bells. La bonne nouvelle, c’est que cette fois l’aventure devrait survivre à la rentrée, et se prolonger sous différentes formes pendant encore deux ans et demi.

Ground Control, du mardi au samedi de 11h à minuit, le dimanche de 11h à 22h30, 81 rue de Charolais (12e).

La plus nature : La prairie du canal

Aux abords de Pantin et Bobigny, un carré de verdure a poussé depuis mai. Cofinancée par la région Ile-de-France et lancée par la Société d’agriculture urbaine généreuse et engagée (SAUGE), la Prairie du canal est une Ferme écologique et éphémère (FEE) sortie de terre sur le terrain d’une ancienne usine MBK. Les deux hectares de friches servent à la promotion d’une agriculture urbaine censée redonner une autonomie alimentaire aux habitants du quartier, et se transforme le week-end en un espace festif et convivial au bord de l’eau.

Le service de restauration utilise à 50% des produits issus des potagers locaux, et propose une carte gourmande mais bon marché : kebab aux pleurotes (6 euros), frites maison (3 euros), sandwich barbecue (8 euros), et pinte de bière artisanale (5 euros). Plusieurs activités de plein air sont programmées tout au long de l’été : couscous géant, tournoi de pétanques, DJ sets, ateliers pédagogiques autour des animaux, des ruches et du poulailler, festival OuiShare des pratiques collaboratives, bal du 14 juillet, paddle sur le canal et brunch croisière.

La prairie du canal, tous les week-ends de 11h au coucher du soleil jusqu’à mi-octobre, 55 rue de Paris, Bobigny (Seine-Saint-Denis).

La plus festive : La Station - Gare des mines

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Avec sa programmation de qualité, la friche de La Station est un très bon spot pour les soirées. ©Gaëlle Matata.

C’est toujours à la filiale SNCF Immobilier que l’on doit ce repaire underground créé en mai 2016 par le collectif Mu. Située dans un ancien entrepôt de stockage de charbon, adossé au périph à quelques pas d’Aubervilliers, La Station – Gare des mines est dédiée aux scènes artistiques alternatives, que celles-ci soient théâtrales, musicales, plastiques ou cinématographiques. Typique de ces lieux hybrides aussi festifs que pédagogiques, on y vient pour les projections du jeudi soir, un festival féministe et queer, des ventes de vinyles, un tournoi de ping-pong, ou tout simplement pour buller en journée.

Mais la clé du succès vient surtout des soirées bon marché à la programmation musicale pointue, comme la fête des dix ans du label de rock Born Bad Record (La Femme) fin avril dernier. La saison 2017 est d’ailleurs signée par le collectif 75021, célèbre pour l’organisation de nuits alternatives hors de Paris et pour avoir fait danser le 6b. L’aménagement du bâtiment devrait prolonger les festivités pour une saison hivernale jusqu’en décembre.

La Station – Gare des mines, du mercredi au dimanche, au 29 avenue de la Porte d’Aubervilliers, (18e). 

La plus cool : La Halle Papin

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Le barbecue en plein air et en libre accès est sans doute l'atout principal de la Halle Papin. ©Luc de Lagontrie.

À l’origine de ce lieu de fête et de détente familiale et estivale en plein air il y a, comme toujours, un collectif : SOUKMACHINES. Conscients de la demande croissante d’espaces pour créer et expérimenter pour les petits budgets, ils se sont spécialisés dans la création de friches à usage artistique. C’est ainsi qu’est née en mai 2016 la Halle Papin, une résidence d’artistes et d’artisans au cœur de Pantin, dans une ancienne usine de fabrication d’outillage mécanique.

Après le succès de l’été 2016, la saison 2 reprend les fondamentaux : barbecue en libre-accès, canapés en extérieur, piscine gonflable, terrain de badminton, et programmation musicale éclectique. À chaque jour son ambiance, le vendredi sous le signe des spectacles, performances et concerts, le samedi «Barbecuite» qui vire en clubbing, et enfin le dimanche que l’on passe en famille, affalé sur un transat pendant que les enfants participent à divers ateliers ludiques et récréatifs.

La Halle Papin, les vendredi, samedi et dimanche, au 62 rue Denis Papin, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

La plus organisée : Les Grands Voisins

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Il ne reste plus beaucoup de temps pour découvrir le formidable projet des grands voisins. ©Elena Manente (Yes We Camp).

Rares sont les parisiens qui ne connaissent pas encore la friche aménagée de quatre hectares de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Denfert-Rochereau. Et ceux-là feraient bien de se dépêcher, car ce projet inoubliable prendra bientôt fin. Les travaux de construction d’un éco quartier de plus de 600 logements prévus pour 2023, doit commencer d’ici fin 2017. Tout ce petit monde de responsables associatifs, de travailleurs sociaux, d’artistes résidents et de réfugiés devra plier bagages.

En attendant il faut vite profiter de cette «ville dans la ville» née en 2015 à l’initiative de trois associations, Yes We Camp, Aurore et Le Plateau Urbain. Car les Grands Voisins sont un lieu de vie entier, où l’on peut habiter dans les logements sociaux et le camping, festoyer au bar-restaurant dont les bénéfices financent le projet, jouer sur le terrain de foot, s’instruire dans la médiathèque, jardiner dans les serres de permaculture, et même se faire beau dans le salon de coiffure.

Les Grands Voisins, du mercredi au dimanche, dans l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, au 82 avenue Denfert-Rochereau, (14e).

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