5 photographes à suivre au festival Circulation(s) au 104

37 photographes émergents, issus de 17 pays européens, sont à découvrir au 104. 37 photographes émergents, issus de 17 pays européens, sont à découvrir au 104. [© J. GASTON-RAOUL]

La neuvième édition du festival Circulation(s) met en avant 37 photographes européens émergents jusqu’au 21 juillet au 104, à Paris (19 e). Passage en revue de cinq photographes à suivre de près.

Ils font découvrir leurs créations autour de cinq sections thématiques : les territoires, la photographie documentaire, les paysages, le corps et les souffrances, les archives.

Anastasia mityukova

Avec sa série « Project Iceworm », la photographe suisse Anastasia Mityukova dénonce à l'aide de collages, d'archives, de vues aériennes ou encore de vidéos les comportements néfastes de l’armée américaine, en 1959 au Groenland, sur la nature et la population locale. Une base militaire, désormais abandonnée, avait été construite sous la calotte glaciaire pour déployer des missiles. Les déchets nucléaires restés sur place menacent l’écosystème des Inuits de Thulé.

« Project Iceworm » de Anastasia Mityukova a été finaliste l’an dernier du Unseen Dummy Award, du Liège Photobook Festival ou encore du prix Photoforum Pasquart à Bienne.

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© Anastasia Mityukova

Anastasia Mityukova, Atelier 1, Le paysage photographique : entre constat et néo-romantisme.

Rubén martÍN DE LUCAS

Dans sa série « Minimal Republics », le photographe espagnol Rubén Martín de Lucas invite le spectateur à réfléchir à la notion de frontière. Pour cela, l’artiste s’approprie un espace de 100 m2, sur l’eau ou sur terre, dessine une frontière qui prend l’allure d’une forme géométrique et l’habite en s’y mettant au centre. On le retrouve alors par exemple dans un champ, à l’ombre d’un parasol, au milieu d’un carré.

Depuis Janvier 2015, Rubén Martín de Lucas concentre son travail sur les relations entre l’humain et le territoire.

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© Rubén Martín de Lucas

Rubén Martín de Lucas, Atelier 3, Le territoire, des signes et des identités.

Margaret mitchell

La photographe écossaise Margaret Mitchell propose deux séries réalisées à plus de vingt ans d’écart qui posent la question des choix que nous faisons dans nos vies.  « Family » (1994) évoque la vie quotidienne de la dernière sœur de Margaret Mitchell et de ses trois enfants, confrontés à une vie difficile en Ecosse. « In this place » (2016-2017) les retrouve mais cette fois-ci à l’âge adulte, désormais mariés et parents à leur tour.

Les projets de Margaret Mitchell vont de l’exploration des communautés, du monde de l’enfance à des projets de documentation sur l’environnement et les inégalités sociales. En 2017, ses œuvres ont été acquises pour la collection de la National Galleries of Scotland.

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© Margaret Mitchell

Margaret Mitchell, Atelier 5, Les heures d'un monde mal en point.

Sina niemeyer

Pour parler du thème de l’abus sexuel qu’elle a vécu à l’âge de 11 ans, la photojournaliste berlinoise Sina Niemeyer mêle archives familiales, images détruites et autoportraits dans son projet Für mich. Elle aborde la résilience, l’acceptation et le difficile retour au quotidien.

Sina Niemeyer a remporté en 2014 le prix Canon Profifoto 14/2. Son travail a aussi été publié dans plusieurs magazines allemands comme Spiegel Wissen ou encore Chrismon.

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© Sina Niemeyer

Sina Niemeyer, Atelier 2, Peut-on élever un monument à sa propre douleur ?

Mathieu farcy

Le photographe français Mathieu Farcy introduit son projet au long cours « Méduse », une recherche documentaire autour du visage et de l’identité, avec « Chers à canons ». Cette série photographique présente des portraits en noir et blanc de gueules cassées de la Première Guerre mondiale, trouvées dans des archives. L’artiste répare à sa façon les blessures de ces visages défigurés avec d’épais bandeaux noirs.

Avant de devenir photographe, Mathieu Farcy a d’abord été éducateur spécialisé. La parole et la place d’autrui dans la société influencent directement sa pratique photographique.

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© Mathieu Farcy

Mathieu Farcy, Halle Aubervilliers, Le destin posthume des images.

Festival Circulation(s), jusqu’au 21 juillet, le 104, 5, rue Curial, Paris 19e. Tarif plein : 6 €, réduit : 4 € (moins de 30 ans, plus de 65 ans, chômeurs et handicapés). Gratuit pour les moins de 6 ans.

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