Le one-man show qui résume l'histoire de la peinture en moins de 2 heures sur scène

L'historien de l'art Hector Obalk réussit son pari de revisiter l'histoire de la peinture tout en restant grand public. (Capture d'écran Youtube).

Un défi de taille, relevé en musique et avec panache. L'historien et critique d'art Hector Obalk, aux talents de vulgarisateur reconnus, invite les spectateurs à voyager dans la grande histoire de la peinture, par le biais d'une conférence qui s'apparente au final à une joyeuse discussion entre amis, en musique et en images, à grand renfort d'anecdotes ludiques et brillantes.

Loin de l'ambiance studieuse, professorale et feutrée d'un amphi universitaire, Hector Obalk, toujours affublé de son écharpe, se présente devant un grand mur composé de multiples vidéos, comme autant de vignettes, en très haute définition, qui serviront d'illustrations à ses démonstrations. Accompagné sur scène par un violoniste et un violoncelliste dont les morceaux font offices d'interludes, il embarque le spectateur pour un voyage passionnant à travers la grande histoire de la peinture, avec autant d'esprit que d'humour, et la vulgariation pour seul credo.

«Je me lance dans un résumé de toute l'histoire de la peinture, en tentant une synthèse de tout ce que j'ai pu penser sur le sujet depuis 45 ans. Il s'agit aussi de susciter chez le spectateur un goût pour des régions de l'histoire de l'art qui lui sont encore inconnues», explique celui qui a réalisé, entre autres, la série documentaire GRAND'ART # sur Arte pendant près de dix ans. 

De l'Italien Giotto (1267-1337), précurseur de la renaissance de l'art pictural en Occident, au Français Yves Klein (1928-1962) et son bleu Outremer, chaque représentation évoque ces sept siècles d'histoire, «à la manière d'un martien débarquant sur terre et n'y connaissant rien», puis s'attache à un détail, élément ou mode récurrents, images à l'appui, offrant une expérience qui complète parfaitement n'importe quelle visite dans un musée.

La magie des mots fait immanquablement penser à un Fabrice Luchini, quand la clarté du propos rappelle celle de Frédéric Taddéï et son émission «D'art d'art». Les représentations visuelles séduisent, les arguments font mouche, et les démonstrations, jamais plombantes, restent d'autant mieux en tête. Néophyte ou amateur, toutes générations confondues, devraient ainsi y trouver leur compte, et on en ressort à coup sûr plus intelligent. On y apprend à distinguer un vrai chef d'oeuvre d'un faux, ou pourquoi une oeuvre réalisée par un grand maitre est tantôt bonne, tantôt mauvaise, le tout sous la forme d'un stand-up aussi brillant que détendu.

Pour ce 3eme parcours, comme le critique d'art les appelle, qui se tient alternativement les dimanches et lundis jusqu'au 15 décembre, Hector Obalk, entre deux remarques savoureuses, évoquera ainsi tout-à-tour la texture des cheveux de Dürer, l’eau de Manet, la peau de Titien, les noix de Chardin, le sfumato de Vinci, le «flou-net» de Vélasquez, ou encore les tissus de Cézanne, avec ses 3700 images projetées à l'appui. C'est l'autre intérêt de ce show : pas besoin d'avoir vu les sessions précédentes pour tout comprendre, et chaque nouveau parcours est inédit, garantissant de découvrir un nouveau spectacle, pour se familiariser, ou redécouvrir d'autres pans du «3eme art». Un imposant pari relevé avec brio.

Toute l'histoire de la peinture en moins de deux heures, Hector Obalk, les dimanche et lundi jusqu'au 15 décembre, Théâtre de l'Atelier, 1, place Charles Dullin, Paris 18e. Infos et réservation sur grand-art.online.

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