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La fin du monde au bunker ou au bistrot

Une personne porte un masque maya sur le site archéologique de Tikal, au Guatemala, le 20 décembre 2012 [Hector Retamal / AFP] Une personne porte un masque maya sur le site archéologique de Tikal, au Guatemala, le 20 décembre 2012 [Hector Retamal / AFP]

La prophétie des Mayas précipitera vendredi quelques crédules vers l'abri le plus proche, village mystique au Brésil, montagne sacrée en France, bunker privé aux Etats-Unis, mais les terriens comptent plutôt fêter la fin du monde au bistrot, à Hong Kong comme à Sydney.

Vente d'abris clef en main, stockage de provisions, prix d'hôtels qui flambent, menus spéciaux "fin du monde", suppléments de magazines, visites sur les lieux "sacrés".... Une chose est sûre, le calendrier maya aura généré des flots d'argent dans le monde entier.

Au Mexique et dans les pays d'Amérique centrale où régna autrefois cette civilisation (Belize, Guatemala, Honduras, Salvador), la fin du monde dope depuis des mois une industrie touristique malmenée par la crise.

Conférences, reconstitutions de rituels, événements spéciaux, sons et lumières... les anciens sites mayas attireront les foules vendredi. Et tant pis si des indigènes s'indignent. Au Honduras, le président lui-même assistera à une cérémonie.

La montagne Rtanj, en Serbie, le 20 décembre 2012 [Sasa Djordjevic / AFP]
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La montagne Rtanj, en Serbie, le 20 décembre 2012
 

Energies positives? Forces telluriques? Ancien lieu de culte ?... Parfois sans que l'on sache trop pourquoi, quelques sites ont la réputation d'être à l'abri de l'Apocalypse.

En Bolivie, une cérémonie religieuse sera organisée sur l'île du Soleil, sur le lac Titicaca, le plus haut du monde. C'est là, dit la légende, que naquirent les fondateurs de l'empire inca.

Au Brésil, à 250 km de la capitale Brasilia, le village d'Alto Paraiso, à "l'énergie mystique" réputée, se prépare depuis des années au dernier jour sur Terre, de quoi drainer des centaines de fidèles ou curieux.

C'est sa forme en pyramide qui vaut à la montagne serbe de Rtanj, à 200 km de Belgrade, une réputation similaire. Du coup, pour ce solstice d'hiver, les "experts en énergie" comptent y voir une lumière particulière.

Des policiers à cheval patrouillent à Bugarach, dans le sud-ouest de la France, le 20 décembre 2012 [Eric Cabanis / AFP]
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Des policiers à cheval patrouillent à Bugarach, dans le sud-ouest de la France, le 20 décembre 2012
 

Le pic de Bugarach, dans le sud-ouest de la France, est déjà victime de sa réputation d'abri anti-apocalypse, à tel point que des hôtels réclament jusqu'à 1.500 euros pour la fameuse nuit. Payable d'avance, fin du monde ou pas. Inquiètes pour la sécurité, les autorités ont lancé un appel pour tenter de dissuader la foule de venir.

Le village de Sirince, dans l'ouest de la Turquie, est aussi censé être épargné par Armageddon car c'est de là que la Vierge Marie serait montée au paradis. Résultat, les 400 lits des hôtels de la région sont tous réservés.

"Dernière danse"

A défaut de lieux sacrés, ceux qui redoutent l'Apocalypse peuvent au moins se réfugier dans ce que l'Homme a construit de plus solide.

Aux Etats-Unis, individualisme oblige, ils sont déjà nombreux ceux qui se préparent à un cataclysme, d'origine humaine ou naturelle. Au fond d'abris antinucléaires ou de caves transformées en bunkers, survivalistes attendent le "doomsday" de pied ferme.

Pour 30.000 roubles (9.700 euros), les plus riches des Moscovites pourront toujours briguer une des 300 places proposées dans un bunker de l'époque stalinienne, à 65 mètres sous terre, avec reportage en direct d'une télévision locale.

Dans l'est de la France, le fort de Schoenenbourg et ses galeries souterraines seront exceptionnellement ouverts. L'édifice fait pourtant partie de la Ligne Maginot, un système de défense qui n'avait pas réussi à arrêter l'offensive allemande lors de la seconde guerre mondiale.

En Asie, du Japon à l'Inde, la fin du monde semble surtout l'occasion de faire la fête et d'actionner le tiroir-caisse.

"Ca pourrait être votre dernière danse, alors ne la manquez pas!", invite le bar Sky de New Delhi. A Hong Kong, des restaurants proposent des menus spéciaux, l'un deux promettant d'oublier l'addition... en cas d'Apocalypse. A Sydney, les fêtards sont invités à participer à une "fête de fin du monde".

 
 

La Chine, elle, ne rigole pas avec la fin du monde: plus de 400 membres d'une secte chrétienne qui y croyaient ont été arrêtés dans le nord-ouest.

Sur fond de calendrier maya, avec un zest de Nostradamus, les réseaux sociaux de Corée du Sud ont débusqué le Cavalier de l'apocalypse: le chanteur Psy, interprète du tube planétaire Gangnam Style, qui fera danser plus d'un fêtard du dernier jour.

La preuve, sa vidéo devrait atteindre le milliard de vues sur YouTube... le 21 décembre.

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