Tout savoir sur Pokémon

Un défilé dans les rues de Yokohama en août 2015. [© KAZUHIRO NOGI / AFP]

La saga Pokémon a célébré le 27 février dernier ses 20 ans et triomphe à nouveau grâce à Pokémon GO. Une franchise devenue l'une des plus rentables de tous les temps avec plus de 275 millions de jeux vidéo vendus dans le monde. Et pourtant, lors de son lancement, rien n'annonçait un futur si radieux pour Pikachu et ses amis.

Il faut dire qu'avant de devenir l'équivalent d'un "Mickey" d'origine japonaise, le petit monstre jaune n'est pas né sous la meilleure des étoiles. Nous sommes alors le 27 février 1996 au Japon. Le modeste studio Game Freak s'allie à Nintendo pour lancer l'un des derniers jeux vidéo d'une console en fin de vie : la Game Boy. Sortie sept ans plus tôt au pays du soleil-levant, la console reine des portables est alors à la peine graphiquement.

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Depuis la sortie de la PlayStation fin 1994 au Japon et de la Saturn de Sega, tous les joueurs ne jurent plus que par la 3D. Et Nintendo prépare activement le lancement de sa Nintendo 64, qui doit intervenir en juin de la même année. Rien ne prédispose donc les cartouches vertes et rouges (la Bleu ne sortira qu'en 1997) de Pocket Monster (son nom original) à conquérir les cours de récré.

Et pourtant, le concept du jeu s'avère redoutable et va vite "attraper" tous les gamers japonais y compris les grands enfants auquel il n'était, a priori, pas vraiment destiné.

Collectionner, élever et échanger des monstres tous différents, voilà l'idée qui a guidé Satoshi Tajiri lorsqu'il a conçu son projet. L'homme a en réalité appliqué à son jeu sa grande passion d'enfance : collectionner les insectes vivants en les capturant dans des boîtes. N'hésitant pas à parcourir la campagne de long en large, dans les forêts et les cours d'eau qui bordaient la ville de Machida, en banlieue de Tokyo, où il a grandi.

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Passionné par les jeux vidéo dans les années 1980, Satoshi Tajiri créé alors un magazine spécialisé autour de l'actualité de ce média : Game Freak. Mais c'est en 1991 que sa société va franchir le pas vers la programmation de son titre phare. Toujours fou d'insectes, il tombe aussi sous le charme de la Game Boy et entend appliquer sa passion au monde du jeu vidéo. Il lui faudra près de cinq années pour concevoir avec ses équipes la mécanique de ce jeu d'aventure, aidé par un ami graphiste Ken Sugimori qui dessina tous les Pokémon.

Une identité visuelle qui n'est d'ailleurs pas à négliger dans la recette qui fit le succès du jeu. Car au-delà de l'idée posée par Satoshi Tajiri, Pokémon s'inscrit aussi dans la tendance Kawaï (Mignon) que les Japonais adorent.

Avant la sortie de son bébé, toute l'équipe de Game Freak est alors convaincue que, malgré des graphismes en noir et blanc, son "Pocket Monster" dispose d'atouts imparables pour connaître un succès, même relatif dans les frontières de l'archipel nippon. Surtout que la Game Boy, même dépassée, compte tout de même sur un parc de plusieurs millions de machines vendues dans son pays d'origine.

Un véritable tsunami dans les cours d'écoles

La surprise sera pourtant de taille. En quelques semaines seulement, le titre s'écoule à plus de 10 millions d'exemplaires. Le Japon parle alors de "tsunami" dans les cours d'école et les élèves se promènent avec leur cable link Game Boy dans les rues pour rejoindre leurs amis et échanger les monstres qui leur manque. Il est alors décidé d'exploiter la licence sur tous les fronts, avec une série animée, ainsi qu'un jeu de cartes à collectionner.

Rarement un jeu vidéo a su autant fédérer que Pokémon. En atteste des chiffres astronomiques communiqués par The Pokémon Company pour les 20 ans : 275 millions de jeux vendus, 21,5 milliards de cartes et 800 épisodes de dessins animés, sans compter un merchandising (peluches, t-shirts, jouets...) rapportant chaque année plusieurs milliards d'euros dans les 78 pays où la licence est officiellement exploitée.

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