Exclusivité PS5 de 2023, Final Fantasy XVI est enfin disponible sur console Xbox Series X et S en ce mois de juin 2025. Deux ans plus tard, le jeu de Square Enix a-t-il bien vieilli après avoir été salué par la critique en son temps ?
Vendu à plus de 3,5 millions d'exemplaire depuis juin 2023 lors de sa sortie du PS5, Final Fantasy XVI n'a sans doute pas connu le succès qu'il méritait. Episode clivant en raison du virage radical et du budget moindre qui lui a été aloué pour un épisode canonique de la célèbre série japonaise de jeux vidéo, cet opus arrive deux ans plus tard sur Xbox. Une plate-forme moins chérie des amateurs de J-RPG dont les terres de prédilections sont traditionnellement basées sur PS5 et Switch. Et pourtant, son retour surprise est une bonne occasion de replonger dans les aventures de son héros tourmenté Clive Rosfield.
Tête de pont des jeux de rôle au tour par tour depuis les années 1980, la saga Final Fantasy a longtemps été immergée dans ses codes. Et si l'écart mêlant action et tour par tour que fut Final Fantasy XV avait déjà entamé un tournant, les équipes de Square Enix ont voulu proposer une expérience différente avec ce 16e épisode. Nous sommes bien face à un A-RPG, pour Action, avec des combats dynamiques, proposant d'incarner un seul et unique personnage dans des combats effrénés et spectaculaires en temps réel. Les combos à l'épée s'enchaînent, à grands renforts de pouvoirs magiques, donnant à voir un véritable ballet. Il faut d’ailleurs avouer que ces affrontements sont aussi impressionnants que simples à prendre en main.

Même s’il change de registre, FF16 sait se rendre accessible. Outre les affrontements contre de nombreux adversaires, le titre propose quelques moments d’anthologie avec ses combats entre Primordiaux, créatures gigantesques aux pouvoirs démesurés. Certains de ces duels resteront à coup sûr dans les mémoires tant ils sont intenses. Ces combats, qui mettent souvent en scène des créatures issues du folklore Final Fantasy, jouent avant tout la carte du spectacle avec, pour certaines séquences, une jouabilité réduite où il suffit d’appuyer au bon moment sur un bouton. Ces changements de gameplays, de façon de jouer déjà vus dans de nombreux jeux d'action, ne sauraient constituer un obstacle à la découverte d’un titre qui ambitionne d'être bien plus qu’un simple jeu d’action.
Un scénario sombre et une réalisation plus mûre
Car la narration constitue un élément central de l’expérience avec des heures entières de dialogues (avec un doublage français de qualité). Surtout, elle est portée par un scénario à la noirceur inhabituelle pour un Final Fantasy. Preuve en est, le PEGI 18 qui accompagne le jeu. Héros tourmenté par la disparition de son jeune frère laissé pour mort, Clive Rosfield, héros de cette aventure, est littéralement hanté par l'idée de venger cette injustice. Et sa personnalité schizophrénique laisse planer suffisamment de zones d'ombres pour que l'on s'attache à découvrir son passé tumultueux.

Et les personnages qui croiseront sa route possèdent tous un lourd fardeau qu'il s'avère passionnant à découvrir, à l'instar de Cid rongé par son pouvoir dans sa quête de sauver une population opprimée. Il est peu question d'émerveillement dans cet opus, où les thématiques de vengeance, de haine, de racisme, d'ostracisation ou de totalitarisme sont explorées.
Rarement un Final Fantasy aura porté sur ces épaules un récit aussi sombre, dont on reconnaît les teintes inspirées par Game of Thrones, auquel il se permet quelques clins d'œil.
A l'heure du bilan, et deux ans après une sortie sur PS5 qui avait divisé les joueurs, on ne peut qu'inviter les gamers à lui donner une nouvelle chance, que ce soit sur Xbox Series X et S, que sur PC et même sur la console de Sony. La chance de découvrir un jeu passionnant, dont le récit mature est porté par des personnages forts.
Néanmoins, on peut lui reprocher un début poussif et cloisonné, heureusement contrebalancé par un drame familial qui relève le niveau. Côté technique, cette version Xbox n'apporte pas de nouveaux éléments graphiques, et certaines textures semblent légèrement plus fades que sur PS5. Enfin, les quêtes secondaires n'apportent généralement rien d'extraordinaires. Les joueurs préféreront donc profiter de son scénario principal qui relève le niveau. D'autant qu'il s'inscrit parfaitement dans les attentes des joueurs qui ont apprécié «Clair Obscur : Expedition 33», ce jeu de rôle français qui rend tant hommage aux J-RPG.
Parfois oublié et placé dans l'ombre de Final Fantasy VII Remake et Rebirth, FF XVI conserve pourtant le souffle épique de la saga. Injustement boudé, il fait partie de ces jeux que l'on redécouvre des années plus tard, qui comme le bon vin se révèlent être d'excellents crus au fil du temps.
Final Fantasy XVI, Square Enix, sur Xbox Series X/S, PC et PS5