Après une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes visant des pratiques commerciales jugées trompeuses, Nintendo va verser 35 millions d’euros en France pour mettre fin à un litige lié aux dysfonctionnements des manettes de la Switch.
Une sanction lourde pour l’un des géants du jeu vidéo. Nintendo a accepté de payer 35 millions d’euros afin de clore un différend avec les autorités françaises portant sur les manettes de sa console Switch, selon un communiqué publié ce lundi 8 juin. L’affaire concerne des dysfonctionnements répétés constatés entre 2018 et 2023.
À l’origine de la procédure, une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a épinglé le groupe pour pratique commerciale trompeuse après une plainte déposée par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir en 2020.
Selon le Service national des enquêtes (SNE) de la DGCCRF, «Nintendo of Europe» avait commis une faute en «n'informant pas de manière loyale» les consommateurs sur les problèmes rencontrés par ses manettes.
Un défaut connu mais insuffisamment communiqué par Nintendo
Au cœur du dossier, le phénomène dit du «Joy-Con Drift», provoquant des mouvements involontaires dans les jeux et rendant parfois les manettes inutilisables, aurait empêché les consommateurs d'utiliser correctement leur machine.
«Deux causes sont à l'origine de la panne : une usure prématurée des circuits imprimés et un défaut d'étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières» à l'intérieur de la manette, avait jugé l'UFC-Que Choisir au moment du dépôt de sa plainte.
Nintendo n’aurait «communiqué qu'à partir de 2020 et non dès qu'elle a eu connaissance de ces dysfonctionnements», d’après le communiqué commun du ministère du Commerce et du tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine).
«Cette communication tardive et parcellaire a porté sur le problème technique rendant certaines manettes de la Nintendo Switch 1 non réactives. Le SNE de la DGCCRF a considéré que cela avait contribué à dissuader les consommateurs de se tourner vers le service après-vente de Nintendo et conduit certains d'entre eux à racheter de nouvelles manettes», ajoute le texte, alors que le groupe japonais s'était en 2023 engagé à réparer gratuitement les accessoires défectueux.
Comptant parmi les consoles les plus populaires de l’histoire du jeu vidéo, la Switch s’est écoulée à quelque 155 millions d’exemplaires depuis sa commercialisation en 2017, non loin de la première place occupée par la PlayStation 2 de Sony, lancée en 2000 et vendue à plus de 160 millions d’unités.