Ruquier publie l'autobiographie de ses années radio

Laurent Ruquier, auteur de "Radiographie" Laurent Ruquier, auteur de "Radiographie"[BALTEL/SIPA]

"Je fais une radiographie, mais je n'enlève pas le slip"

S'il est un talent que ses collègues lui reconnaissent, c'est sa boulimie de travail. Laurent Ruquier, qui quitte cet été Europe 1 pour Les Grosses têtes de RTL, est un touche-à-tout prolifique. De ses plus jeunes années havraises à décortiquer l'univers de la radio, à ses nouvelles fonctions à la rentrée, l'animateur dévoile avec pudeur son parcours dans « Radiographie ». On le découvre en encyclopédie de l'humour, et-sa véritable « mission »- en héraut de la culture grand public. 

 

Que ressentez-vous de voir les gens lire votre livre, de vous êtes livrés, enfin, au grand public?

Je raconte mon parcours, mais je ne vais pas au cœur de l'intime. Je garde cette pudeur là. Je fais une radiographie, mais je n'enlève pas le slip.  Au fond, ça me fait plaisir de voir les gens à apprendre à mieux me connaître. Si on peut transmettre des envies, alors j'ai réussi. C'est le genre de livre que j'aurai aimé, plus jeune, acheter pour découvrir les coulisses. 

Dès votre enfance, vous vous passionnez pour la radio, ses animateurs, ses programmes. Difficile de vous imaginer faire un autre métier.

Pourtant, avec le recul, c'est un miracle. Je me pince encore pour y croire. Il y avait peu de chance que ça arrive : né dans une famille ouvrière au Havre, personne ne travaillant dans ce métier, des études de comptabilité...Rien n'était acquis, il y a avait une bonne étoile.. Mais quelque part, j'ai fais mon stage, ma licence et ma maitrise « radio » pendant l'adolescence . Quand j'ai commencé à y travailler, je connaissais par cœur le métier et ses coulisses. Jusqu'à ce livre, pas sûr que mes employeurs en aient eu conscience.  

Avez-vous l'impression de faire un métier ou plutôt votre passion ?

C'est très clair, pour moi je vis de ma passion. On me demande souvent pourquoi je suis un tel boulimique de travail. Comme un artiste vit de sa peinture, c'est une chance pour moi de faire quelque chose qui me plait, me fait plaisir. C'est très clair, pour moi, même en trainant les pattes, j'en ressort revigoré. C'est le symptome de la passion ! 

D'ou est née cette envie ?

C'est une fenêtre qui m'a servie d'ouverture sur l'extérieur. Je suis un homme du son, pas de l'image. La radio, c'est le moyen de découvrir, de voyager. C'est sur RTL, avec Ménie Grégoire, que j'entends pour la première fois parler de sexe, que j'écoute de la musique classique. Il y avait des « stop ou encore Mozart » le dimanche matin. 

Justement, mixer les cultures et les publics, c'est votre marque de fabrique ?

Aujourd'hui, on parle de communautarisme, mais on a tout fait pour qu'il arrive. On a segmenté la culture. Contrairement à toutes les radios FM qui existent maintenant, réservées à une tranche d'âge, à un style de musique, les radios étaient généralistes avant. A l'époque, même RTL passait aussi bien Brassens que Mozart. A la télé pareil. Il y avait trois chaînes, ça offrait un tronc commun à tous les spectateurs. On voyait des films en noir et blanc. Désormais, c'est inimaginable. C'est ça qui segmente. Moi j'aime bien recevoir Herbert Léonard puis l'écrivain Philippe Jaenada. Pour moi c'est ça la culture : décloisonner, mixer les publics. Je parle souvent de choses que je n'apprécie pas, ou que je ne connais pas. 

De vos lectures de jeunesse à votre métier de producteur d'humoristes actuels, quel regard portez-vous sur la scène humoristique actuelle ?

Je regrette d'ailleurs que Plon ne m'ai jamais proposé de faire le dictionnaire amoureux de l'humour ! Je trouve qu'il y a beaucoup de monde. Un petit reproche, il y a beaucoup de comédiens qui passent par le stand up ou le one-man-show pour se faire connaître, sans être des humoristes. La méthode américaine et québecquoise  est passée par là. on prend dix auteurs pour rédiger un spectacle et monter sur scène. C'est un vrai changement par rapport à ma jeunesse. Bedos, Devos, écrivaient leurs textes. On entend un peu tout le temps les mêmes blagues, que les auteurs réécrivent pour tous les autres. Il n'empêche, il y a toute une nouvelle génération d'humoristes de talent. Elle est un peu moins engagée, ce que je comprends puisqu'on est déçu par la politique. Gaspard Proust, que je produit, est l'un des rares dans son domaine, Guillon l'a été. Mais de manière générale, j'ai un peu l'impression que totu le monde parle de la même chose : l'école, les copines, les parents, la drague. 

A la rentrée, vous succédez à Philippe Bouvard aux Grosses têtes », sur RTL. Une consécration ? 

C'est la cerise sur le gâteau, pas le graal, j'ai déjà été bien gâté. Philippe Bouvard, dont je comprend la difficulté à passer la main, est un de ceux qui m'ont forgé et donné envie de faire ce métier. C'est une belle façon de boucler la boucle, mais ça n'est surtout pas une fin en soi !

 

Lire un extrait : 

 

Radiographie, Laurent Ruquier, 205 p., 16,80 €

 

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