Donna Leon : "je sais tout de suite déceler une bonne histoire"

Donna Leon, auteur de l'ouvrage "L'inconnu du Grand Canal". Donna Leon, auteur de l'ouvrage "L'inconnu du Grand Canal".[©P_Matsas_OPALE]

Américaine installée à Venise depuis près de trois décennies, Donna Leon livre une nouvelle enquête de Brunetti avec "L’inconnu du Grand Canal". Le commissaire se retrouve cette fois-ci confronté aux scandales liés à l’industrie de la viande. Un sujet riche pour la plume raffinée de cette écrivaine haute en couleurs.

 

Quel a été le point de départ de "L’inconnu du Grand Canal"?

Un dîner avec un ami qui me racontait que son frère, vétérinaire dans une grande ville italienne, avait été menacé par des éleveurs pour avoir déclaré une bête impropre à la consommation. Cette histoire m’a fourni l’idée et la toile de fonds de cette nouvelle enquête de Brunetti.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je n’ai pas de télévision, ni de radio. Je lis beaucoup la presse. Mais j’écoute aussi beaucoup les rumeurs, les ragots… La plupart de mes romans sont tirés d’histoires que j’ai glanées ça et là. Après tant d’années, je sais tout de suite déceler une bonne histoire. C’est comme si un éclair jaillissait dans mon esprit. Cela me prend un an pour écrire un roman.

Je travaille par période. Il faut que je puisse rester au même endroit au moins une semaine sans que rien ni personne ne me dérangent pour commencer. Puis je laisse l’histoire mûrir dans mon esprit quelque temps et je la reprends après quelques semaines. 

Brunetti est un homme raffiné, cultivé... à mille lieues de l’archétype du héros de roman policier. 

Quand j’ai écrit mon premier livre, je me suis demandée avec quel genre de personne je voulais passer les prochains mois. Un alcoolique? Un homme violent qui méprise les femmes? Un raté qui n’aime pas la bonne cuisine?... Non merci! J’ai créé un personnage avec lequel j’allais apprécier passer du temps. Brunetti est intéressant intellectuellement.

Vous vivez à Venise depuis plusieurs décennies, où vos livres ne sont pas traduits...

Je ne souhaite pas être reconnue où je vis. Je crois que cela vient du fait que nous les Américains, sommes foncièrement démocrates et pensons que tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité. Quand les gens deviennent célèbres, ils changent de comportement. Cela me rend nerveuse quand on me traite d’une manière spéciale. Je ne veux pas vivre comme ça.

Quand et comment s’est passé votre coup de foudre pour Venise ? 

C’était il y a 50 ans maintenant. J’étais à l’université quand j’ai vu Venise pour la première fois. J’avais vu des images de la ville dans des livres mais rien ne m’avait préparé à ça. C’était comme si j’avais été percutée par un camion. Je n’étais pas préparée à autant de beauté. Venise est époustouflante, non pas à cause de ses canaux, mais par sa concentration de beauté. A Venise, il est très difficile de tomber sur un immeuble qui ne soit pas d’une grande beauté.

"L’inconnu du Grand Canal", de Donna Leon, éd. Calmann-Lévy, 21,50 E.

 

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