Christophe Lambert, "Le juge, un Inspecteur Harry du 21eme siècle"

L'acteur français Christophe Lambert publie un thriller ultra-violent, aux éditions Plon. [VALERY HACHE / AFP]

Drame, comédie, et même science-fiction… En France ou à Hollywood, il a tout joué. Mais cette fois-ci, c’est comme écrivain que Christophe Lambert fait parler de lui. Il vient de publier Le Juge, un thriller violent avec, au centre de l’intrigue, un ex-soldat qui ne recule devant rien pour faire régner la justice. Un héros implacable et en même temps rempli de failles. 

 

D’où vient ce projet de polar ?

Tout d’abord parce que je suis un passionné de romans policiers.  Et puis j’ai toujours voulu écrire quelque chose qui parlait de la justice et de son équilibre, si  elle est juste ou pas. Je comprends parfaitement qu’on n’ait pas le droit de se faire justice soi-même, mais je me suis demandé jusqu’où on pouvait accepter de laisser les choses déborder avant d’agir.

 

C’est ce que vit Keller, le héros du juge ?

Je me suis demandé comment une personne pouvait accepter qu’on ait massacré sa famille. Dans mon livre, le personnage du Juge, Keller, c’est un mec à qui on a tout pris et qui n’a plus d’états d’âme et qui est prêt à tout. C’est un sujet d’actualité, cette question. On l’a vu avec le chef d’entreprise qui a tué puis décapité en Isère, ou alors avec les quarante touristes qui ont été mitraillés sur les plages en Tunisie, ou encore l'attentat-suicide au Yemen, qui a fait presque trente morts. Jusqu’où peut-on accepter ça ?

 

Va-t-il évoluer au cours du livre ?

Oui, très vite, il va rencontrer un vieil homme qui va lui expliquer que la vengeance, c’est tout sauf la justice. Il va alors comprendre que s’il veut devenir une sorte de juge hors-la-loi, il va devoir frapper très haut. Car ça ne sert à rien de frapper les « petits » délinquants. C’est là que Keller va commencer à mener sa justice privée contre les gros poissons intouchables.

 

Keller n’est pas un enfant de chœur.

Il est rentré dans la section spéciale créée en Israël par Moshe Dayan en 1973. Elle mène des « Black ops », des opérations clandestines. C’est une unité internationale par ses effectifs, qui prend le meilleur. Ce sont des machines de guerre, que ce soit en combat rapproché, à l’arme blanche, en maniement d’armes à feu. Il sont aussi versés dans toutes les techniques d'arts martiaux. Ce sont de petites unités ultra-entraînées. 

 

Le juge se déroule dans un Paris de fiction, cauchemardesque. Et en même temps, il y a des références à des événements actuels, des personnages publics existants. Pourquoi ?

On est obligé d’ancrer le roman dans une réalité. Les bijoutiers attaqués par des criminels qui leur tirent dessus. Légitime défense ou pas ? C’est très actuel comme débat. Avant, les gangsters avaient des règles, dans les années 1950-1960. Quand un mec se faisait tuer sur une terrasse de café, on ne mitraillait pas tout le monde autour. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune discipline, plus de code d’honneur. Et ces criminels, pour la plupart protégés, doivent payer.

 

Keller est ultra-violent dans un monde ultra-violent. Sa méthode vient pallier un système défaillant selon vous ?

Je suis assez d’accord. La police essaie de faire son travail, mais elle est débordée et elle agit lentement. Mon héros apporte une grosse pierre à l’édifice en passant à l’action. En plus, lui, il bouge très très vite. C’est une espèce d’Inspecteur Harry du 21eme siècle. Et il n’a peur de rien, car il n’a rien à perdre.

 

On a le sentiment que ce livre ferait un bon film ou une bonne série, c’est volontaire ?

Tout à fait. J’ai écrit de manière très visuelle. Pour moi, on pourrait une série télé internationale, quelque chose de différent de ce qui existe actuellement. Ça pourrait aussi donner lieu à une série de livres et dans le numéro 2, il risque de s’attaquer à autre chose. Maintenant, il faut laisser évoluer les choses, mais le sujet est dans l’air du temps.

 

Vous avez commencé à écrire le livre il y a un an et demi. Depuis, l’actualité a été très riche. Est-ce que ça a fait évoluer votre roman en cours d’écriture ?

Bien sûr. Les événements de Charlie Hebdo, par exemple, m’ont forcé à faire évoluer certaines choses. Mais cette ultra-violence était déjà au cœur du roman. Le manque de surveillance des criminels en puissance aussi. Quand un suspect de terrorisme est sous surveillance, et qu’on abandonne cette surveillance, c’est grave. Il ne faut jamais arrêter. Pour moi, on n’est pas assez dur par rapport à ça. 

 

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© Plon

Pour lire quelques pages du nouveau roman de Christophe Lambert

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