Les cicatrices d’une nation

L. Mayga,W. Ngcama, L.White, L. Mzanti et K. Mdolo après leur rite d’initiation, Mthatha, 2008.[Pieter Hugo]

C’est l’enfant d’une société fracturée. Le photographe sud-africain Pieter Hugo s’offre une plongée sans concession dans son pays natal à travers sa superbe exposition Kin.

 

Au fil des quarante photos, l’artiste révèle les visages et territoires d’un pays clivé. Ces clichés entremêlent l’intime au témoignage d’époque. Si l’artiste shoote le paysage désolé d’un terrain vague en ­lisière de Pretoria, il tire aussi un beau portrait de sa nounou métisse.

Pieter Hugo se passionne en effet pour les différentes communautés de la "nation arc-en-ciel" chère à Nelson Mandela. Au visage tatoué et tourmenté d’un jeune Blanc, succède le portrait d’un couple zoulou en habits tribaux étendus sur un lit blanc.

 

Grand témoin

L’Afrique du Sud rayonne par son métissage, suggère l’artiste, mais souffre des inégalités et des séquelles de l’apartheid, telle cette photo d’un faubourg noir sinistré.

Pieter Hugo est un grand témoin dont les images dérangent. Comme il l’affirme, "Regarder son pays avec un œil critique, c’est se regarder soi-même et regarder son prochain."

 

Kin, Pieter Hugo, jusqu’au 26 avril, Fondation Henri-Cartier-Bresson (14e).

 

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