A Paris, la pêche sur toute la ligne

7120 Franciliens sont encartés pour pratiquer la pêche.[A. Thomes][A. Thomes / Mairie de Paris]

Perches, sandres, chevesnes, silures, carpes, truites, brochets, black-bass… Les poissons ne manquent pas en Ile-de-France. Fatalement, les pêcheurs non plus.

 

L’an dernier, la Fédération parisienne a recensé 7.120 pêcheurs encartés (la carte est obligatoire, le contrevenant s’expose à une amende de 500 euros). Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. La cause ? Un engouement récent parmi les jeunes, séduits par la tendance street-fishing, c’est-à-dire la pêche au leurre.

La Seine est ainsi de plus en plus prise d’assaut. A Paris, les connaisseurs savent où s’installer pour dénicher de beaux spécimens… ou tout simplement pour profiter d’un cadre hors pair.

 
 
> Le Canal Saint-Martin
 
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[Crédits : L. Madelon / Fédération Nationale de la Pêche en France]
 
C’est l’un des quartiers les plus plaisants où passer son dimanche, quand le soleil est au rendez-vous. Relaxant, le canal Saint-Martin n’attire pas que les hipsters en quête d’un brunch. On voit aussi depuis quelques années des citadins qui s’adonnent au street-fishing, un nouveau style de pêche. Celui-ci utilise des cannes et des leurres plus légers que pour la pêche traditionnelle.
 
Grâce à ces accessoires peu agressifs, le poisson – une perche, la plupart du temps – est assuré de continuer sa vie dans la Seine. Tout juste le tient-on contre soi le temps de prendre un selfie, avant de le relâcher à l’eau. Urbain et revigorant, le street-fishing permet de s’évader et fait figure de loisir divertissant en plein développement.
 
Fred et David, les deux cofondateurs du French Touch Fishing, y sont pour beaucoup. Vendant ici le matériel adapté depuis 2009, ils démocratisent cette pratique "en finesse" et éco-responsable. Pour les novices, le French Touch Fishing organise, lorsque la saison est ouverte, des initiations gratuites et improvisées, chaque mercredi à 12h30, près du pont Tournant.
 
Canal Saint-Martin (10e).
French Touch Fishing, 9, rue Taylor (10e).
 
 
> Le bois de Boulogne
 
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[Crédits : S. Armirail]
 
Il est prisé des joggeurs pour son terrain plat, des promeneurs pour sa végétation luxuriante, mais aussi des pêcheurs pour sa population piscicole. Véritable poumon de la capitale et ancien terrain de chasse des rois de France, le bois de Boulogne s’étend sur 846 ha dont 23 sont dédiés à la pêche.
 
S’y implantent huit plans d’eau, tous reliés par des ruisseaux. Un endroit de diversité qui correspond autant aux débutants qu’aux fidèles. On trouve des carpes, des brochets et des silures dans le lac inférieur, plus grand plan d’eau du bois. Une fois la canne rangée, beaucoup vont se sustenter au restaurant qui trône sur l’îlot central, qu’on ne peut atteindre que par barge motorisée.
 
Ailleurs, le lac Saint-James est fameux pour ses truites. D’autres recoins favorisent le "no-kill", cette technique qui exige de remettre à l’eau les poissons attrapés : les carpes, par exemple, à l’étroit étang du réservoir ou les black-bass à l’étang de Longchamp.
 
Bois de Boulogne (16e).
 
 
> L'île Saint-Louis
 
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[Crédits : S. Gelin / Mairie de Paris]
 
Quel que soit le côté que l’on choisisse, s’installer pour pêcher sur l’île Saint-Louis garantit de profiter d’un paysage exceptionnel : architecture résolument parisienne, végétation qui verdoie au printemps et aucun vis-à-vis pour arrêter les rayons du soleil. Si l’on se pose quai d’Orléans, on peut observer la cathédrale Notre-Dame. Depuis 
le quai de Béthune, c’est le verre et l’aluminium de l’Institut du Monde Arabe dont on surprend les reflets.
 
Aux quatre coins de cette île de seulement 11 ha, se retrouvent régulièrement des pêcheurs de tous âges, qui y dénichent des sandres et surtout des carpes. Ils apprécient le calme de ce repaire, loin du bruit et de la pollution des voitures. Pour s’équiper en vêtements, bagagerie, cannes ou se réapprovisionner en leurres, la Maison de la Mouche, indéboulonnable institution locale, est implantée au commencement du boulevard Henri-IV depuis 1934.
 
L’été, la mairie de Paris incite touristes et Franciliens à venir découvrir la pêche sur cette île, au cœur de la capitale. Elle met chaque année à leur disposition des cannes sur les bords de Seine, pour l’opération Paris Plages. Un cadre envoûtant qui donne envie de revenir lancer la ligne.
 
Ile Saint-Louis (4e).
 
 
> Le lac d’Enghien-les-Bains
 
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[Crédits : J-Louis Petitou / APPLE]
 
C’est le plan d’eau d’Ile-de-France où l’on a des chances de faire une belle pêche. Selon les experts, son approvisionnement en poissons est exceptionnel. Sur 43 ha, le cadre verdoyant rassemble des habitués. On peut venir ici, à 11 km au nord de Paris, dénicher des carpes, des tanches, gardons ou rotengles.
 
Le lac, alimenté par les ruisseaux de la vallée de Montmorency et géré par l’Association de pêche et de pisciculture des lacs d’Enghien-les-Bains (Apple), est ouvert toute l’année. L’Apple a sa propre école de pêche pour apprendre la discipline aux jeunes. Elle organise aussi des concours – le premier de la saison se tiendra le 23 mai.
 
Et les tarifs sont raisonnables. La carte annuelle obligatoire coûte 70 euros, 10 euros pour les enfants, 40 pour les Enghiennois.
 
Lac d’Enghien-les-Bains (95).
 
 
> Le bassin de la Villette
 
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[Crédits : A. Thomes / Mairie de Paris]
 
C’est le plus grand plan d’eau artificiel de la capitale : 800 m de long sur 70 m de large. Inauguré en 1808 par Napoléon Ier, le bassin de la Villette a toujours été prisé par les Parisiens à la recherche d’activités nautiques. Jadis plaque tournante du commerce fluvial, il est devenu un spot pour les loisirs. Les sportifs s’adonnent au pédalo comme au kayak. Les jeunes courent les péniches amarrées le long du canal de l’Ourcq, où l’on peut se délasser autour d’un apéritif, puis rester danser le soir.
 
Dans ce cadre, les pêcheurs se sentent à l’aise. Ils privilégient souvent les quais de Loire et de Seine qui se font face, à l’abri de la circulation. La largeur du bassin permet de profiter d’une belle ouverture sur le ciel et des rayons du soleil. On trouve là des street-fishers de tout l’est parisien, le bassin de l’Arsenal, plus au sud vers Bastille, étant interdit à la pêche.
 
Mais ce n’est jamais à contrecœur qu’ils y viennent car l’endroit a ses avantages. La variété de ses profondeurs, d’abord, qui permet de se déplacer pour avoir des sensations différentes. La diversité des poissons, ensuite : on y trouve des goujons, des perches, des black-bass mais aussi des brochets. Un sandre pêché en 2003 qui atteignait les 7 kilos, le double du poids moyen, est resté dans les mémoires des habitués.
 
Bassin de la Villette (19e).
 

 

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