Paris, capitale geek

La Gaîté Lyrique, temple parisien du numérique, est l'un des endroits geeks les plus branchés de Paris.[Vinciane Verguethen / Voyez Vous]

Boutiques, bars, espaces de loisirs : Paris est devenu le terrain de jeux des geeks.

 
Contrairement aux caricatures, il n’est pas cet individu aux lunettes de myope et aux cheveux gras, qui reste collé à son écran d’ordinateur. Le geek – qui signifie «fou» selon ses origines germaniques – est une personne de son époque. Il reste indiscutablement ultraconnecté, vénérant les nouvelles technologies, toujours accro à ses sagas fétiches : les œuvres de Tolkien, Star Wars, Matrix et autres.
 
Mais il n’oublie pas de sortir, volontaire pour s’amuser. Paris fait figure de vivier de cette culture geek, qui mêle outils multimédias du XXIe siècle et imaginaire rétro qui renvoie aux passions d’enfance.
 
 
La plus vintage : le Fantôme
ta9a9849.jpg
[Crédits : M. Meichler pour Direct Matin]
 
La façade, recouverte de carrelage noir brillant, interroge mais ne renseigne guère. Aucune enseigne, ce qui n’est pas étonnant pour un établissement qui a choisi de s’appeler Le Fantôme. A l’intérieur, on pénètre dans un temple du vintage : vieux parquet, tables en Formica, banquettes en Skaï. Le plafond métallique en relief, très années 1970, évoque l’esthétique de l’univers Star Trek.
 
Dans la salle, se distinguent un baby-foot, un jeu de fléchettes et quelques vieilles consoles. Une ode au «retro-gaming», cette tendance qui consiste à privilégier les jeux vidéo surannés qui ont marqué l’enfance de ceux qui sont aujourd’hui trentenaires.
 
Ouvert en juillet 2013 par Laurent Sifaoui, Sylvain Rigal et Lionel Bensemoun, les propriétaires du Baron, Le Fantôme mélange les âges : nostalgiques du flipper et de Pac-Man, enfants qui découvrent les jeux vidéo et clientèle plus âgée qui apprécie l’ambiance détendue. A la carte : pizzas, salades et burgers. Le week-end, le sous-sol accueille un dancefloor où se déhanchent les gamers, après avoir siroté un cocktail.
 
Le Fantôme, 36, rue de Paradis (10e).
 
 
La plus nippone : Kawaii Café
20130924_205243.jpg
[Crédits : Kawaii Café]
 
Dans la galaxie geek, la culture japonaise a une place à part. Prescriptrice et excentrique, elle est, à travers ses personnages de mangas et de jeux vidéo, fondatrice. A Paris, Kawaii Café le bien nommé –«kawaii» signifie «mignon» – incarne l’esprit de cet imaginaire récréatif.
 
Lancé par Maël et Romain, deux Français, le bar est devenu le repaire des «otaku», ces personnes qui consacrent beaucoup de leur temps libre à leurs passions. Si la carte ressemble à celle d’un bar classique, l’ambiance se singularise. Ce sont des serveuses «cosplayers» qui prennent la commande : perruques de couleur et tabliers. Le programme a fait la réputation du lieu.
 
Régulièrement, les Negitachi, une chorale geek, propose des blind test : les clients doivent reconnaître les airs qu’elle entonne. Se succèdent aussi dédicaces, soirées dessin ou «retro-gaming». De quoi ravir les fans qui se retrouvent autour de leur «japomania».
 
Kawaii Café, 20, rue de Nemours (11e).
 
 
La plus artistique : la Gaîté lyrique
capitaine_futur_-_by_vinciane_verguethen_-9541_petit.jpg
[Crédits : V. Verguethen / Voyez Vous]
 
A l’origine, c’était un théâtre d’opérette. Après sa réouverture en 2011, c’est devenu le temple de la culture numérique. Forcément, les geeks s’y pressent pour ses expos pointues. Mais La Gaîté lyrique s’adresse aussi aux non-geeks, à ceux qui s’intéressent à l’ère numérique sans forcément y comprendre quelque chose. Par exemple, le mardi et le jeudi (hors vacances scolaires) les ateliers game older proposent de faire découvrir aux seniors la pratique des jeux vidéo.
 
On y devise aussi bien des champignons de Mario Bros. que des méandres de World of Warcraft. Les expositions ont aussi le souci d’éveiller les plus jeunes au numérique. Récemment, Capitaine futur et le voyage extraordinaire proposait une immersion dans les profondeurs de l’ordinateur à travers des installations visuelles et sonores. La Gaîté a le souci de traiter tous les médias pour montrer l’importance du numérique : les arts visuels, le cinéma, le jeu, le design, le Web.
 
Mais la musique n’est pas en reste. La programmation des concerts est rarement décevante. Sa salle de spectacle accueille des talents émergents et des grandes pointures. Elle a ainsi reçu le groupe Suicide des années 1970, l’un des premiers à avoir associé le rock à l’électro. 
 
La Gaîté lyrique, 3 bis, rue Papin (3e). 
 
 
La plus gaming : Arcade Street
p1000610-e1376478163516.jpg
[Crédits : Arcade Street]
 
Street Figher II, Mario Kart, Tekken… ils sont tous là. Arcade Street est le temple du jeu vidéo japonais, situé près de Nation. Ses 380 m2 sont dédiés à ces jeux qu’on voyait il y a quelques années dans chaque bar-tabac. Les nostalgiques se réjouiront de se lancer dans des parties de shoot’em up ou des beat’em all. L’endroit, qui ressemble à un squat berlinois, ne manque pas de place. Les bornes sont en bon état, ce qui ne gâche pas le plaisir.
 
Et surtout, les parties sont abordables : les bornes dédiées (les jeux qui ont une forme ultraréaliste comme un cockpit d’avion ou un châssis de moto) coûtent 1 euro le crédit. Toutes les autres sont à 50 centimes. Les étudiants et fans d’arcades s’y retrouvent pour passer leurs nerfs ou simplement se distraire. Des tournois sont parfois organisés où la crème des gamers parisiens se retrouve pour s’affronter à Street Figher II. 
 
Arcade Street, 10, rue des Immeubles-Industriels (11e).
 
 
La plus gadget : Geek Store
10805663_813058218751212_2853529605620028087_n.jpg
[Crédits : DR]
 
C’est un fatras réjouissant et drôle, qui déclenche chez les plus geeks une quasi-hystérie. Le Geek Store, site en ligne qui rayonne depuis plusieurs années, a ouvert, en décembre dernier, un nouveau magasin, après s’être implanté à Toulouse, Pau et Mazamet. Dans un espace à la blancheur éclatante, on trouve, pêle-mêle, des cendriers, des portefeuilles, de T-shirts, des lampes, des montres, des figurines, des coussins, des tirelires, des maillots de bain...
 
On vend de tout au Geek Store, mais toujours estampillé d’un des emblèmes de la culture des gamers ou des blockbusters. Un sweatshirt Assassin’s Creed côtoie des mugs Mario Bros. ou Dragon Ball-Z. Le Monopoly Légende de Zelda s’affiche aux côtés d’une coque pour smartphone Spiderman, Pokémon ou Star Wars. Avec ses objets non nécessaires mais convoités, la boutique donne à tous l’envie de flâner longtemps pour dénicher ses favoris.
 
Geek Store, 6, rue des Filles-du-Calvaire (3e).
 

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles