Condamné pour avoir menacé un site internet

Une étudiante de 26 ans, qui avait adressé une menace de mort fin 2011 au site internet franco-tunisien ayant soutenu le journal satirique Charlie Hebdo, victime en novembre d'un incendie criminel, a été condamnée mardi à trois mois de prison avec sursis.[AFP/Archives]

Une étudiante de 26 ans, qui avait adressé une menace de mort fin 2011 au site internet franco-tunisien ayant soutenu le journal satirique Charlie Hebdo, victime en novembre d'un incendie criminel, a été condamnée mardi à trois mois de prison avec sursis.

Le parquet avait requis six mois de prison avec sursis à l'encontre de cette étudiante à l'université de Dijon, voulant devenir journaliste, jugée devant le tribunal correctionnel d'Auxerre.

Voile et habits sombres à l'audience, elle a reconnu avoir adressé par mail après l'incendie des locaux de Charlie Hebdo le message "Je vous tuerai de mes propres mains" à la rédaction de Tunis Tribune, un site internet franco-tunisien basé à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

"Je m'excuse platement. Si j'ai pu offenser quelqu'un, je le regrette", a-t-elle déclaré.

"J'étais très sensible à cette époque. Parce que j'essuyais des refus de stages dans les médias à cause de mon nom à consonance maghrébine. J'ai écrit ce mail entre 2 heures et 3 heures du matin. Je me suis emportée, dans ce contexte islamophobe. J'ai agi bêtement", a-t-elle expliqué.

Tunis Tribune, qui avait déposé plainte contre X, ne s'était pas constitué partie civile.

"Nous devons aussi juger de votre intégrisme car vous citez Allah tous les deux mots dans vos écrits", a souligné le président du tribunal, Antoine Giessenhoffer.

"Intégriste, je ne le suis pas. Je suis Française", a rétorqué la jeune fille, née en Saône-et-Loire de parents tunisiens.

"On a le droit de contester la ligne éditoriale d'un média. J'ai lu le mail de ma cliente, il fait deux pages. Il n'y a qu'une phrase où elle dérape. Elle a reconnu les propos excessifs", a plaidé son avocat, Olivier Murn.

"Elle doit comprendre que la liberté d'expression a ses limites", a-t-il ajouté, demandant au tribunal un stage de citoyenneté pour sa cliente.

Les locaux de l'hebdomadaire satirique ont été incendiés le 2 novembre, le jour de la parution d'un numéro spécial présentant le prophète Mahomet comme "rédacteur en chef" d'un journal rebaptisé "Charia Hebdo".

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