La justice va dire si le Canard enchaîné a diffamé Bouygues

Le tribunal de grande instance de Paris dira mercredi si le Canard enchaîné s'est rendu ou non coupable de diffamation en publiant un article faisant état de soupçons de corruption sur l'attribution du chantier du futur "Pentagone français" remporté par le groupe Bouygues.[AFP/Archives]

Le tribunal de grande instance de Paris dira mercredi si le Canard enchaîné s'est rendu ou non coupable de diffamation en publiant un article faisant état de soupçons de corruption sur l'attribution du chantier du futur "Pentagone français" remporté par le groupe Bouygues.

Ce dernier, qui a assigné l'hebdomadaire satirique, réclame neuf millions d'euros de dommages et intérêts.

L'article incriminé, paru le 7 décembre, révélait qu'une information judiciaire pour corruption et trafic d'influence était ouverte depuis février 2011 sur d'éventuelles malversations lors de l'attribution au groupe Bouygues du chantier du futur siège du ministère de la Défense dans le quartier Balard (XVe arrondissement de Paris).

Lors de l'audience du 18 janvier, trois journalistes du Canard avaient défendu la rigueur de leur enquête devant les juges de la 17e chambre civile.

Avec un total de "huit sources différentes", Christophe Nobili avait ainsi estimé que le journal avait pris "toutes les précautions s'imposant".

Leur avocat, Me Antoine Comte, avait demandé au tribunal de condamner Bouygues à un euro symbolique pour "abus de procédure". "Ce qu'on veut ici, c'est faire taire, censurer, dire que personne n'a le droit de parler" de procédures judiciaires en cours, avait-il plaidé.

Face à lui, le conseil de Bouygues, Me Olivier Metzner, avait fait feu de tout bois pour montrer que cette affaire était "le procès du ragot, de la rumeur, de tout ce qui est anonyme". "On vous affirme des choses que tout le monde dit (...), on se contente de bruits qui n'ont pas l'autorité de la chose jugée", avait notamment critiqué l'avocat.

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