Mobilité : les éditeurs s'adaptent enfin

Les smartphones et tablettes font l'objet de toute l'attention des éditeurs de presse et de médias qui scrutent la progression fulgurante des audiences, et les usages sur ces petits "écrans compagnons" devenus stratégiques.[AFP/Archives]

Les smartphones et tablettes font l'objet de toute l'attention des éditeurs de presse et de médias qui scrutent la progression fulgurante des audiences, et les usages sur ces petits "écrans compagnons" devenus stratégiques.

"L'adoption accrue du smartphone a dopé la consommation d'actualité à la volée", constate Blandine Silbermann, analyste des usages sur mobiles chez Comscore.

Dans les cinq principaux marchés européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni) 37% des "mobinautes" ont accédé à des sites d'actualités via une application ou un navigateur en janvier 2012, soit un bond de 74% en un an, selon le cabinet de mesure d'audiences sur internet.

Et dans cette Europe des cinq, ils sont 82% de plus (sur un an) à visiter ces sites quasi quotidiennement, et 59% de plus en France.

Cette tendance "représente clairement pour les éditeurs une opportunité d'élargir leurs audiences tout en les défiant sur les moyens les plus efficaces de délivrer leur contenus sur petit écran", selon Mme Silbermann.

D'autant que l'information est en passe de se démultiplier sur le mobile avec l'arrivée de la tablette qui pourrait rapidement rattraper le "téléphone intelligent".

Les ventes mondiales de ce nouveau support devraient passer de 17 millions en 2010 à environ 200 millions en 2014, selon des prévisions du cabinet PRTM.

Et ce marché ne semble pas près de se tarir puisque le cabinet Gartner prévoit une hausse annuelle des ventes de 52% d'ici 2015.

Mêmes "attributs que la presse papier"

Contrairement aux ordinateurs ou même aux smartphones, la tablette a "tous les attributs de la presse papier : mobilité et facilité de lecture", explique Philippe Jannet, ancien directeur du Monde interactif et président du GESTE (groupement des éditeurs de contenus en ligne).

On peut y consulter n'importe quel media "tout le temps, et partout, même dans un avion, sans être nécessairement connecté à internet" via le téléchargement, ajoute M. Jeannet.

A titre d'exemple, le GIE ePresse Premium qu'il dirige, un kiosque numérique regroupant Les Echos, l'Equipe, Le Figaro, Libération, Le Parisien, l'Express, Le Point, et le Nouvel Observateur, a lancé sa propre application pour tablette l'an dernier. Elle permet d'accéder librement aux sommaires des journaux, d'acheter en un clic une édition complète, ou de s'abonner à un titre.

Ces nouveaux supports de l'information ou du divertissement, sont attendus comme autant de vecteurs de croissance capables de doper l'économie de l'Internet et des high-techs.

A Radio France qui revendique 14 millions de visiteurs/jours - dont 18% sur mobile - et 2,5 millions d'applications installées, le mobile est "un focus prioritaire dans lequel on investit massivement", explique Joel Ronnez, responsable de la statégie numérique.

Idem pour l'Equipe.fr où un quart des pages sont vues sur mobiles.

Mais si ces supports sont perçus comme la planche de salut d'une presse écrite en crise et un nouveau relai de croissance pour les sites d'information, "il existe des freins importants" qui fragilisent la pérénité des modèles de monétisation par la publicité et le paiement en ligne, nuance M. Jeannet.

Les éditeurs doivent composer avec la barrière incontournable des intermédiaires que sont les constructeurs, les opérateurs de téléphonie, les FAI (fournisseurs d'accès à Internet), et autres Google, Apple ou Amazon.

Et tous, selon M. Jeannet, "prélèvent des marges importantes (jusqu'à 30%), imposent leur grille tarifaire et montrent encore trop de réticence à partager les données relatives aux utilisateurs".

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