Arnaud Lagardère tourne la page de la défense

Arnaud Lagardère, le 7 mars 2013 à Levallois-Perret près de Paris [Eric Piermont / AFP/Archives] Arnaud Lagardère, le 7 mars 2013 à Levallois-Perret près de Paris [Eric Piermont / AFP/Archives]

Dix ans après la disparition de son père Jean-Luc, Arnaud Lagardère a mis fin à l'aventure du conglomérat familial dans l'aéronautique et la défense en vendant pour 2,28 milliards d'euros ses parts (7,4%) dans EADS, maison mère d'Airbus, pour ne se consacrer qu'aux médias.

Lagardère, ex Matra-Hachette, dirigée depuis 2003 par le fils unique de son fondateur, a liquidé jusqu'au dernier les 61 millions titres EADS, cessant de facto d'être un conglomérat pour devenir un groupe diversifié dans les médias.

En se retirant du constructeur aéronautique européen sans attendre comme prévu initialement le premier vol commercial du futur long-courrier A350 l'an prochain, l'héritier de Jean-Luc Lagardère a précipité la fin d'une aventure industrielle débutée par son père avec Matra, en 1977.

Les analystes estiment majoritairement que cette sortie d'EADS, qui pour certains s'apparente à une recapitalisation, donne à la société un "potentiel de revalorisation", d'autant plus important qu'elle va l'ancrer dans son activité Médias et lui permettre de se désendetter.

Barclays se montre plus prudent toutefois sur cette "nouvelle page" dans l'histoire de Lagardère et sur ses capacités de revalorisation, estimant que le groupe "est plutôt correctement valorisé".

Cette opération programmée depuis l'automne pour le premier semestre 2013 et donc déjà prise en compte par le marché, n'a d'ailleurs pas plus profité à Lagardère qu'à EADS mardi à la Bourse de Paris. Peu après 13H30, le premier cédait un peu plus de 2% à 27,9 euros et le second près de 3% à 37,5 euros.

Jean-Luc Lagardère, ancien patron du groupe éponyme, le 22 février 1997 à Bucarest [Gerard Fouet / AFP/Archives]
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Jean-Luc Lagardère, ancien patron du groupe éponyme, le 22 février 1997 à Bucarest
 

Pour Lagardère, outre son désendettement, la sortie d'EADS répond aussi à une volonté de gâter les actionnaires, chagrinés par les contre-performances boursières du titre qui a perdu 40% de sa valeur depuis fin 2003.

Le communiqué publié mardi leur promet la redistribution d'une part "substantielle" du produit de cette cession, sans la chiffrer.

Mais pour les analystes parisiens, elle devrait représenter un peu plus de la moitié de la somme, soit 1,2 milliard d'euros, sous la forme d'un dividende exceptionnel de l'ordre de 9,4 euros par action.

Le solde permettrait d'éponger une partie de la dette nette de la société estimée à 1,7 milliard d'euros (au 31 décembre 2012) mais aussi des acquisitions ciblées dans le numérique, la production TV, et les droits sportifs une branche déficitaire mais présentée par Arnaud Lagardère comme un axe stratégique, porteur de rentabilité à l'horizon 2015.

Lagardère avait amorcé lundi sa sortie de l'aérospatiale et de la défense en lançant un placement privé de ses parts dans EADS auprès d'investisseurs avec constitution accélérée d'un carnet d'ordres, pour un prix situé dans le bas de la fourchette des analystes, soit 37,42 euros par action.

L'avionneur européen a racheté dans ce cadre 1,61% de son propre capital, soit l'équivalent de 500 millions d'euros, le montant maximal qu'il s'était engagé à souscrire dans le cadre de cette opération.

Arnaud Lagardère qui a promis aux analystes et aux investisseurs de céder toutes ses participations minoritaires, cherche toujours une solution pour ses 20% dans Canal+ France, actuellement l'objet d'un litige avec Vivendi, et pour ses 42% dans l'éditeur de presse féminine Marie-Claire.

Il a réduit sa présence dans la presse quotidienne, en cédant la semaine dernière sa participation minoritaire (près de 25%) dans Amaury, propriétaire des quotidiens Le Parisien et L'Equipe, où il était relégué depuis des années à un simple strapontin.

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