Montreuil: plainte d'un journaliste contre la sécurité municipale pour violence

Le maire de Montreuil, Dominique Voynet, le 10 avril 2013 [Miguel Medina / AFP/Archives] Le maire de Montreuil, Dominique Voynet, le 10 avril 2013 [Miguel Medina / AFP/Archives]

Un journaliste a porté plainte mardi pour "violences aggravées" après une altercation avec des agents de sécurité de la ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qu'il avait pris en photo et qui auraient effacé de force les clichés de son téléphone portable.

Dans sa plainte, Mikaël Lefrançois, qui travaille pour une société de production télé, TSVP, raconte avoir été "agressé" dimanche vers 02H00 devant le Palais des congrès de Montreuil, où se tenait un festival de musique techno.

Intrigué que des agents de sécurité municipaux soient munis de bombes lacrymogènes, le journaliste, présent à titre privé, a rapporté avoir pris en photo l'un d'entre eux, Denis Hochard, le directeur de la tranquillité publique de la ville.

Celui-ci l'aurait enjoint de supprimer les photos, avant de le "plaquer contre le mur". Il aurait ensuite été "plaqué violemment au sol, (des agents) lui bloquant la tête", selon la plainte.

Il souffrait dans la journée de dimanche d'une hémorragie de l'oeil droit et s'est vu prescrire trois jours d'interruption de travail, selon un certificat médical qu'il a produit.

M. Lefrançois a dit avoir ensuite reçu une décharge électrique à la main, l'obligeant à lâcher son téléphone portable. M. Hochard l'aurait menacé pour obtenir son code secret et débloquer son téléphone, avant d'effacer les photos, selon lui.

La mairie de Montreuil, jointe par l'AFP, a dit avoir immédiatement "ouvert une enquête interne". Le cabinet de la maire EELV Dominique Voynet a convoqué notamment le directeur de la tranquillité publique.

Celui-ci a confirmé que "le journaliste avait été "maîtrisé au sol" mais "pas frappé", et sa version du reste des faits est "sensiblement différente", a relaté le directeur de cabinet, Sébastien Maire.

Le journaliste "semblait dans un état second" et aurait insulté les agents de sécurité, les traitant de "fachos" et de "milice", et ne se présentant comme journaliste que dans un second temps, selon lui.

"Beaucoup de témoins l'ont vu après l'altercation" et "il semblait alors n'avoir rien à l'oeil", a rapporté M. Maire.

Les agents de surveillance de la voie publique (ASVP), employés par les mairies, ne sont pas des policiers et ne peuvent pas être armés, mais peuvent constater des infractions, concernant par exemple le stationnement des véhicules.

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