Venezuela : un animateur de Globovision remercié dénonce une "censure"

La journaliste vénézuélien Kico Bautista, le 27 mai 2013 à Caracas [ / AFP] La journaliste vénézuélien Kico Bautista, le 27 mai 2013 à Caracas [ / AFP]

Le présentateur d'un programme politique de la chaîne vénézuélienne privée Globovision a été licencié et a dénoncé lundi la "censure" de la nouvelle direction de l'unique chaîne d'opposition au Venezuela, qui a récemment été vendue par son propriétaire historique à des investisseurs soupçonnés d'être proches du gouvernement.

Kico Bautista a affirmé lundi sur son compte Twitter qu'à l'issue d'une réunion de "même pas cinq minutes" avec la nouvelle direction, il avait été mis à la porte.

"Je vous invite à refuser la politique que prétendent mener les nouveaux propriétaires. Je conteste la censure qu'ils imposent", a-t-il ajouté.

L'animateur du programme "Buenas Noches" (Bonne nuit), qui allie critique politique et humour, a été remercié samedi pour avoir largement diffusé dans sa dernière émission un discours prononcé vendredi par la principale figure de l'opposition vénézuélienne, le gouverneur Henrique Capriles.

L'épouse de M. Bautista, Ibeyise Pacheco, également journaliste, a précisé sur son compte Twitter que "la direction de Globovision n'a pas apprécié que Kico retransmette les images" du discours de M. Capriles.

Vendredi, la chaîne avait déjà limogé le député d'opposition Ismael Garcia, qui intervenait également à l'antenne et qui avait rendu public la semaine dernière un enregistrement audio évoquant des cas de malversations et une rumeur de complot au sein du pouvoir "chaviste" (fidèle à l'héritage politique de l'ex-président Hugo Chavez, décédé le 5 mars).

La journaliste vénézuélien Kico Bautista, le 27 mai 2013 à Caracas [ / AFP]
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La journaliste vénézuélien Kico Bautista, le 27 mai 2013 à Caracas

Jusqu'à son changement de propriétaires mi-mai, Globovision était l'unique chaîne en libre accès du pays à retransmettre en direct les discours du gouverneur Capriles, deux fois candidat malheureux à la présidence du pays.

Celui-ci conteste toujours le résultat de la présidentielle du 14 avril, qui l'a vu perdre par moins de 1,5% des voix face au candidat chaviste Nicolas Maduro.

Après le départ de ces deux animateurs, Globovision a commencé à perdre en popularité sur Twitter, laissant filer en quelques jours jours 300.000 abonnés de son compte, selon le site www.twven.com.

La chaîne, qui a appartenu durant 18 ans à la famille Zuloaga, a été vendue après des années de tensions avec le gouvernement à des hommes d'affaires locaux, accusés par des opposants et des observateurs d'être proches du pouvoir.

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