Bettencourt : pas de mises en examen pour Mediapart

Edwy Plenel et Fabrice Arfi, journalistes de Mediapart, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale à Paris [Joel Saget / AFP/Archives] Edwy Plenel et Fabrice Arfi, journalistes de Mediapart, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale à Paris [Joel Saget / AFP/Archives]

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a rejeté mardi la demande d'annulation des mises en examen de deux journalistes de Mediapart, poursuivis pour atteinte à l'intimité de la vie privée après la publication d'enregistrements réalisés chez Liliane Bettencourt, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Edwy Plenel et Fabrice Arfi avaient contesté, à l'audience du 25 avril, ces mises en examen concernant la publication en juin 2010 par le site d'information d'extraits des écoutes réalisées en 2009 et 2010 par le majordome de Mme Bettencourt au domicile de celle-ci, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Quatre autres personnes, le majordome, un ancien journaliste de Mediapart et deux journalistes du Point, hebdomadaire qui a publié aussi de tels extraits, n'ont pas contesté leurs propres mises en examen dans cette affaire.

S'exprimant avant l'audience, M. Plenel, directeur de publication, avait estimé qu'il était "totalement anormal" que les journalistes de Mediapart "qui ont défendu l'intégrité de Mme Bettencourt, soient sur les mêmes bancs de mis en examen que ceux qui ont essayé de profiter de sa faiblesse".

"Sans Mediapart, avait-il estimé, personne ne serait vraiment venu à son secours."

Il avait assuré aussi que le site d'informations "a mis scrupuleusement de côté dans ses révélations tout ce qui concernait la vie privée" de la milliardaire, se limitant "aux faits d'intérêt public qui sont au coeur du débat provoqué par cette affaire".

Dans son arrêt, la cour estime cependant, en substance, que la protection de la vie privée doit l'emporter sur la liberté d'expression et d'information, et qu'il n'y a pas de justification à la diffusion d'information intimes.

La cour a considéré pour sa part que Mediapart avait fait état dans sa publication, contrairement à ce que soutient M. Plenel, d'indications privées et confidentielles concernant les problèmes familiaux ou de santé de Mme Bettencourt.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux se prononcera par ailleurs le 6 juin sur un autre aspect de l'audience du 25 avril: l'appel interjeté par le parquet d'un refus des juges d'instruction en charge de l'affaire de mener des investigations sur la chaîne de transmission à la presse des enregistrements du majordome.

De son côté, la cour d'appel de Versailles rendra le 4 juillet sa décision sur la légitimité de la publication par Le Point et Mediapart de ces enregistrements.

Vous aimerez aussi

Justice Nicolas Sarkozy mis en cause par le Parquet national financier
Affaire Bettencourt Affaire Bettencourt : Banier et Maistre font appel
Eric Woerth Affaire Bettencourt : Maistre et Bannier condamnés

Ailleurs sur le web

Derniers articles